CAMPEGGIO APPREND LA DÉCISION DU PAPE
même d'opposition sérieuse à ses désirs, s'étonnait et s'indignait des difficultés qu'il rencontrait, soit à Rome, soit dans son propre royaume.
Il avait la prétention d'avoir sauvé l'Eglise par ses écrits de la contagion du luthéranisme et il lui semblait que, depuis ce temps, l'Eglise aurait du être à ses pieds. Avant la dernière séance que devait tenir la cour des légats, le roi envoya lord Rochford à Wolsey afin de l'engager à faire une visite à la reine pour tenter de l'amener par des voies amiables à renoncer à l'évocation de sa cause et à l'appel en cour de Rome. Rochford s'acquitta de sa commission sans aucun retard. Le cardinal ne dissimula pas au père d'Anne de Boleyn qu'il attendait peu de succès d'une telle démarche, mais qu'il ferait pourtant ce que désirait Henri VIII. « Votre Sei- « gneurie, ajouta-t-il, ainsi que les autres lords du con- « seil ont mis dans la tête du roi une fantaisie bien « malheureuse. Certainement Dieu et la chrétienté tout « entière n'auront pas à vous en rendre grâces i. »
En laissant échapper cette parole imprudente dont Anne de Boleyn devait se souvenir, Wolsey prouva que les meilleurs diplomates peuvent s'oublier dans un moment d'humeur. On doit en conclure aussi que le rôle qu'il avait adopté dans l'affaire du divorce lui avait été inspiré, non par des convictions proprement dites sur le fond de la question, mais par des raisons d'État et par la prévision lointaine d'une rupture du roi d'Angleterre avec l'Eglise. Quoiqu'il en soit, Wolsey voulut as-
t. « But he observed to lord Rochefort that he and the other lords « of the concil had put the faritasy into the head of the king, whereby « they vould give much troubles to the realm, but small the thank « either from God, or from the world. » (Howard, i c, p. 443.)