‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 268 sur 400 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Position prise par Henri VIII, après rajournement du procès do divorce par les légats et après l'évocation de la cour de Rome. — Défaveur du cardinal Wolsey. — Henri traite d'une manière très différente Wolsey etCampeggio. —Cependant, ce dernier est arrêté à Douvres et indignement fouillé. — Puis, on le met en liberté. — Wolsey est disgracié, on lui retire les sceaux et toutes ses dignités temporelles. — Il est poursuivi criminellement — Profond désespoir de cet homme d"Etat. — Humbles supplications (|ii'il adresse à Henri VIII. — Mis en accusation devant le Parlement, il est acquitté sur le fait de trahison, mais on le condamne ensuite pour violation du statut de prœmunire. — Henri lui pardonne et ne fait conlisquer qu'une i)artie de ses biens.— On l'exile dans son diocèse : vieexeml)laire qu'il y mène. — Espionné et trahi par son médecin, il est arrêté sous la prévention de haute trahison, — Pendant (juil s'achemine vers Londres, il tombe malade et meurt. — Ses modestes funérailles à l'abbaye de Leicesler. — Henri perd en lui un grand ministre et un utile modérateur de ses passions.

Henri supporta plus tranquillement qu'on ne l'aurait cru la nouvelle de rajournement du procès par la cour des légats, et, un peu plus tard, celle de la révocation de la commission qui leur avait été donnée en môme temps que l'évocation de l'afTaire à Rome. Les dépêches de ses ambassadeurs qui lui annonçaient leur échec diplomatique étaient d'ailleurs accompagnées d'une lettre du souverain pontife au roi, pleine de courtoisie et de bienveillance.

Henri crut d'abord que son procès pouvait se gagner à Rome comme à Londres ; et, pour peser sur l'opinion

3o2 ATTITUDE DE HENRI APRÈS L'ÉVOCATION A ROME.

du consistoire, il s'attacha, d'après le conseil de Wolsey, à recueillir les témoignages des universités de France et de celles d'Italie, d'Allemagne et d'Angleterre. Il aurait voulu réunir, en quelque sorte, pour sa cause le suffrage universel de la science théologique dans toute la chrétienté K

En même temps Glerck, évoque de Bath, fut prié d'agir sur l'esprit de la reine dont il était l'un des conseillers officiels, pour qu'elle s'abstînt de faire citer le roi devant le consistoire des cardinaux : car il répugnait à Henri VIII d'être forcé, comme un simple particulier, de comparaître en personne à la barre d'une cour étrangère. Sans doute cette susceptibilité, si l'on peut s'exprimer ainsi, était peu logique, car il avait bien cru devoir obéir à Tassignation qui lui avait été donnée en Angleterre par les délégués du pape siégeant à Blackfriars. Il semblait donc qu^après avoir accepté la juridiction des représentants du souverain spirituel, il ne pouvait pas refuser celle du souverain lui-même. Déplus, dans le forum ecclesiasticum^ en principe, les dignités de la terre ne comptent pour rien.

Néanmoins, en pareille matière, les répugnances du peuple anglais se rencontraient avec celles du roi : elles parurent être, sinon partagées, du moins respectées par Catherine, à qui Glerck s'efforça de faire comprendre qu'un bref du pape communiqué au roi rendrait inutile une assignation judiciaire. Au reste, comme le prouve sa conduite antérieure, Glerck cherchait avant tout à sa-

l. Voir ci-après le chapitre xvii, où nous racontons on détail comment on demanda ces consultations théologiques à un grand nombre d'universités.

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