‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 269 sur 400 · DÉFAVEUR DU CARDINAL WOLSEY · texte numérisé non relu

DÉFAVEUR DU CARDINAL WOLSEY

tisfaire le roi, dût-il trahir lâchement les intérêts de sa cliente.

Un autre prélat complaisant, Gardiner, avait été appelé auprès de Henri à Greenwich, en qualité de secrétaire en chef de Sa Majesté. Gardiner, créature et élève de Wolsey, s'efforçait de supplanter peu à peu son ancien maître. La défaveur de ce grand ministre croissait sensiblement ^ Le roi sembla, après la dissolution de la cour de Black-friars, s'en prendre à lui beaucoup plus qu'àCampeggio de cette déconvenue judiciaire : il fit à ce dernier des présents d'une certaine valeur ^, en lui exprimant sa reconnaissance de ses services. Sans doute il pensait que ce cardinal italien pourrait encore lui être de quelque utilité à Rome. Quand les deux légats vinrent voir Henri à Grafton, Gampeggio, qui devait partir le lendemain pour Rome, y reçut une hospitalité splendide : quant à Wolsey, il eut d'abord des explications mystérieuses avec le roi qui, dit-on, l'ayant fait venir dans une embrasure de fenêtre, pour lui parler en particulier, lui montra une lettre accusatrice. Le soir, il n'y avait point d'appartement préparé pour lui dans le palais. Il fut obligé de chercher un refuge dans une maison du voisinage, chez M.- Empton, un de ses anciens protégés.

Le lendemain pourtant, 20 septembre, il aurait eu

1. Déjà quelque temps auparavant, Wolsey aurait eu le dessous dans une lutte d'influence avec Anne de Boleyn. Il avait lait exiler de la cour sir Thomas Chesney, pour une grave offense personnelle ; Chesney se fit rappeler par lady Anne et Henri donna tort au cardinal Wolsey en le réprimandant avec rudesse.

2. Mais il ne lui fit point remettre d'argent : Campoggio l'aurait fièrement refusé comme il l'avait fait auparavant; voir une lettre de du Bellay, de janvier ou février 1529, Histoire du divorce, de Joachim Legrand, p. 290, tome III, pièces juslilicatives.

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