WOLSEY ACCUSÉ DE TRAHISON
Les ennemis de Wolsey, c'est-à-dire les parents et les amis de lady Anne, toujours unis avec elle pour amener la chute du premier ministre, lui reprochaient encore d'avoir, pendant la guerre avec la France, continué de correspondre avec la régente et d'avoir reçu d'elle de magnifiques présents : ils affirmaient que si le duc de Suffolk s'était replié de Montdidier sur Calais, au lieu de marcher sur Paris, c'était d'après 1^ ordres précis du cardinal. Le fait des présents reçus ne saurait être mis en doute, car du Bellay, intercédant à la cour de France en faveur du ministre menacé de disgrâce, écrivait à ce sujet : « Quant aux présents, le cardinal espère que Ma- « dame ne lui nuira pas, lorsqu'il en sera parlé : de « toutes autres choses, il se recommande en sa bonne « grâce ^ »
Un retour de faveur ayant semblé luire pour Wolsey, après une entrevue qu'il eut avec le roi, Anne de Boleyn fît promettre à son ami de ne plus revoir et écouter le cardinal 2. Il parut et siégea une dernière fois au conseil des ministres à Westminster, et son attitude fut aussi humble avec ses collègues que leur manière d'être à son égard se montra dédaigneuse et hautaine ''\ Quand il se présenta ensuite pour exercer ses fonctions ordinaires à la cour de chancellerie **, l'attorney général lui annonça, de la part du roi, qu'on allait le poursuivre, d'après les statuts de prœmunirc et de
1. Voir hi lettre de du Bellay, 17 octobre 1539, Histoire du divorce, de Joachim Legrand, tome III, p. 370 et suiv. Cette lettre est adressiV au maréchal de Montmorency, grand-maître de France.