Histoire du divorce, de Joachim Legrand, tome II, p
PRÉSENT DU PxOî ! WOLSEY LUI DONNE SON FOU. 3o9
(c que, lui mort ou ruiné, ils déferont incontinent l'État « de l'Église et prendront tous ses biens... Ils le crient c( en pleine table ^ ! m
Wolsey fut exilé à Asher, la plus simple et la plus modeste de ses maisons de campagne. S'empressant d'obéir, il s'y rendait sur-le-champ malgré un temps affreux, quand il fut rejoint sur la route par Norris, gentilhomme de la chambre, qui lui apportait un message royal : c'était une lettre accompagnée d'un anneau d'or. Wolsey descendit de cheval et se mit à genoux dans la boue pour recevoir ces marques inattendues d'une haute bienveillance. Ensuite, cherchant lui-même à donner en retour à Henri VIII quelque signe de reconnaissance et d'affection, il détacha de son cou une croix d'or contenant une relique de la vraie croix ; puis, se ravisant, après avoir dit adieu à sir Harry : a Je suis et fâché, dit-il, de ne pas pouvoir envoyer à votre maî- « tre un présent digne de lui ; mais si vous voyiez « bien, à ma requête, offrir au roi ce pauvre fou, j'esa père que Son Altesse daignera l'accepter; car, cera tainement, pour l'amusement d'un seigneur, il vaut (i bien mille livres. » De sorte que Norris s'apprêta à emmener le fou avec lui. Mais Gavendish rapporte que Wolsey fut forcé de le faire accompagner par ses gardes, pour le conduire et emmener jusqu'à la cour « tant le pauvre fou s'irrita et devint furieux, quand il « vit qu'il lui fallait quitter monseigneur. Malgré cela, « on l'emmena à la cour, où le roi fut enchanté de le « recevoir. »
Ce pauvre fou, si fidèle à la fortune du cardinal,