WOLSEY EST EXILÉ DANS SON DIOCÈSE
avaient le sentiment jaloux de la supériorité de leur ancien rival, et qui craignaient qu'un retour de faveur, en le faisant remonter au pouvoir, ne les en fît tous descendre à leur tour.
Anne crut donc ne pouvoir mieux faire que d'obtenir Texil de Wolsey dans son diocèse. On ne pensait pas qu'on lui donnerait ainsi l'occasion de se relever moralement, et de recouvrer quelque peu de sa popularité, qu'il avait si complètement perdue.
Une fois qu'il fut établi dans son archevêché d'York, le cardinal y mena une vie tout à fait exemplaire : il se souvint enfin qu'il était et devait être évêqiie avant tout, et qu'il avait charge d'âmes dans son diocèse. Il y commença des visites pastorales : il travaillait à réconcilier les familles désunies et joignait aussi des aumônes morales à des aumônes matérielles généreusement distribuées.
La noblesse du pays, à laquelle d'ailleurs Henri VIII l'avait recommandé, commençait à se rapprocher de lui, le peuple lui savait gré de sa bonté et de sa charité. De proche en proche, l'opinion, même à Londres, devenait moins malveillante à son égard ; on pouvait prévoir le moment oii cet ancien ministre, sacrifié aux murmures de la nation comme une espèce de bouc émissaire, finirait par regagner un peu de popularité. De plus, l'intérêt que Henri VIH lui avait témoigné lors de sa dernière maladie pouvait se réveiller : un retour de faveur n'était pas impossible. Mais ses implacables ennemis veillaient sans cesse pour parer à ce danger, ils avaient tout préparé pour achever de perdre le malheureux cardinal qui, du fond de son diocèse, leur portait encore ombrage. Ils avaient pris, h leurs gages,