SON EXIL DANS SON DIOCÈSE
un espion, le docteur Augustino, médecin italien, qui avait depuis longtemps la confiance de Wolsey, et qui, en le soignant avec un dévouement apparent pendant sa dernière maladie, avait entièrement conquis son affection. Lorsque du Bellay écrivit à la cour de France pour prier François P' d'intervenir comme de lui-même et spontanément afin d'empêcher la chute du ministre déjà menacé d'une disgrâce imminente, cet ambassadeur recommandait en môme temps que cette démarche de sa part restât secrète, pour ne pas compromettre celui-là môme qu'il voulait servir. Il chargea de ce message, à l'instigation de Wolsey, le médecin Augustino. Ce médecin reçut à ce moment du duc de Norfolk cent livres sterling pour dénoncer les secrets de son maître ^ Ce misérable tenait un journal des prétendues machinations de Wolsey ; ce livre de la trahison rédigé avec le plus grand soin était destiné à éclairer le gouvernement sur le compte de celui dont il n'avait sauvé la vie que pour conjurer la perte.
Quand Joachim de Vaux vint remplacer du Bellay comme ambassadeur de France, il avait, entre autres missions, celle de travailler à faire restituer à Wolsey ses dignités et son ancien pouvoir. Il employa Augustino aux négociations secrètes qu'il entama à cet effet. Le 8 novembre, de Vaux écrivait au maréchal de Montmorency qu'il avait retardé l'envoi de sa dépêche pour avoir le temps de savoir quelque chose de nouveau au sujet du pauvre cardinal : le roi et les lords du conseil qu'il avait vus, avaient juré qu'ils n'avaient pas contre De Vaux lui-môme l'ombre d'un soupçon, et qu'on le
1. Letlers and Despalrltes, n^îSCI, Inlroduct., lonio IV, y. nxcix.