XLII INTRODUCTION HISTORIQUE
voici une qui nous a paru remarquable sous ce rapport et digne d'être citée en entier :
« Mi Senora^
(( Maintenant, on voit clairement celui de nous deux « qui sait le mieux aimer. Si j'en juge d'après ce que (V vous m'avez fait écrire, je m'aperçois que vous avez « été heureuse et tranquille, tandis que je perdais le « sommeil et que messager sur messager ne m'apportait a nulle lettre de vous. Si vous ne m'écrivez pas, ce a n'est pas que vous n'ayez pas de papier ou que vous ce ne sachiez pas écrire, mais c'est que vous ne m'aimez ce pas et que vous me dédaignez. Vous vivez à Tolède, et (( moijevis dans depetits villages. En vérité, chaque jour, « je dirige vers vous les vœux de ma vieille affection. « Sans doute, vous ne voulez pas me faire mourir, ce « péché-là pèserait trop sur votre conscience !
« Ecrivez-moi et mandez-moi comment vous allez. (( Il n'y a rien à dire ici sur les affaires que vous m'avez « réservées et que vous me soumettez, excepté ce que « Silva et Pulgar ont dû vous communiquer. Je vous « prie de vous en rapporter à Silva. Veuillez m'écrire « à ce sujet.
« Les affaires de la princesse ^ ne seront point oubliées ; « au nom de Dieu, ne manquez pas de vous en souvenir
t. Sans doute de la princesse Catherine. La lettre ne porte point de date, mais elle paraît être de la fin du xv* siècle.