State papers,yLll
INGRATITUDE DE HENRI POUR SON VIEUX MINISTRE. 36o
donner si légèrement, si peu généreusement le ministre déchu, à qui il avait fait jadis un si cordial accueil et qui avait imploré son appui avec tant de discrétion et de délicatesse. Mais on pourrait bien moins encore excuser l'ingratitude de Henri VIII envers un homme d'État dont toute la vie n'avait été qu'un long et trop entier dévouement à sa personne. Quant aux ministres et conseillers du roi, qui semblaient reprocher à l'illustre parvenu l'obscurité de son origine, ils étaient nés sans doute dans les hauts rangs de la société^ mais, certes, il n'y avait rien de noble, il n'y avait rien que de bas et de vil dans les indignes moyens dont ils se servaient pour perdre leur adversaire politique. Et après tout, ce ne serait pas les relever que de rappeler ces paroles de Guillaume du Bellay : « Ceux qui gouvernent maintenant, « ce sont les ducs de Norfolk et de Suffolk, le vicomte « de Rochford et, par-dessus tout , mademoiselle (( Anne ^ ! »
Voici, au surplus, une lettre de l'ambassadeur espagnol qui jette sur toute cette situation de grandes et tristes clartés :
« Il y a huit jours, le roi a donné ordre qu'on arrêtât (( le cardinal et qu'on l'amenât à la Tour, où il devait (c loger dans la môine chambre qu'avait occupée le duc « de Buckingham.
« Il y a peu de temps, à ce qu'on m'a dit, que le roi « se plaignit en plein conseil de ce que ses ministres « avaient pris une mesure qui n'était pas conforme à « ses vues et il s'écria, dans un accès de colère : « \\'olsey
1. Histoire du divorce, par Joacliim LogiMud, loino III. i». 377. Lettre du 22 octobre.