LETTRE DE L AMBASSADEUR ESPAGNOL
a entendait mieux ces sortes d'affaires que vous tous, « et c'était un bien autre homme d'Etat ; » il répéta « deux fois ces paroles et sortit brusquement de la salle c( du conseil. Alors le duc de Norfolk, lady Anne et a son père qui n'avaient pas cessé de comploter contre (c le cardinal, lady Anne surtout qui se lamentait sur a la perte de son honneur, menacèrent le roi de le tf quitter ; le roi alors se donna beaucoup de peine pour c( l'apaiser, et, quoiqu'il la priât très tendrement, les ce larmes aux yeux, de ne pas l'abandonner, elle déclara 8 que rien ne pourrait la satisfaire si ce n'est l'arresta- « tion du cardinal.
et On prétend que Wolsey a écrit à Rome et en « France pour se faire réinstaller dans ses anciennes « possessions et dignités ; on l'accuse de travailler à se c( rendre agréable au peuple et d'avoir repris ses an- « ciennes habitudes de faste et de magnificence. « D'ailleurs, comme ses témoins ont entre leurs mains le « médecin du cardinal, Augustino, ils trouveront tout « ce qu'ils voudront chercher. Depuis qu'il est ici, ce a médecin vit comme un prince chez le duc de Norfolk. ce II chante toujours sur le ton qu'ils veulent.
c( Joachim de Vaux n'a pas dit un mot au nonce du (i pape de toute cette affaire ; mais il aurait annoncé à a l'ambassadeur de Venise que, d'après l'aveu du médec( cin Augustino, le cardinal aurait écrit au pape pour ce le prier d'excommunier le foi, si on ne rendait pas à ce la reine la place qui lui était due et si on n'expulsait « pas lady Anne de la cour ^. »
1. Lettre du 27 novembre, p. 3035. — Voir aussi une dépêche de l'ambassadeur Mantouan qu'il faut combiner avec celle de son collé-