WOLSEY TRAEII ET DÉNONCÉ
Plus loin Tambassadeur donne à entendre qu'il y a un autre traître avec qui le médecin correspondait, et qui était resté auprès du cardinal : il paraît que c'était le chapelain môme de \A'olsey.
On ne peut s'empêcher de déplorer l'indigne faiblesse de Henri YIII, ce prince si impérieux, qui fait tout trembler autour de lui, et qui tremble lui-même devant une femme; et cette passion dont il est esclave, tant il est disposé à tout sacrifier, môme le vieux ministre à la capacité duquel il vient de rendre un légitime et éclatant hommage.
Quant à Wolsey lui-môme, il ne se doutait pas de ce qui se tramait contre lui ; il était dans la villa de Cawood, où il comptait recevoir bientôt l'élite de la noblesse des environs; ses invitations étaient déjà faites.
Arrêté comme traître par le comte de Northumberland, tout d'un coup, au matin du 4 novembre, il voit arriver chez lui son ami, le comte de Northumberland. A peine l'a-t-il introduit dans sa chambre à coucher que le comte, en lui mett^mt la main sur l'épaule, lui dit, d'une voix tremblante : « Je vous arrête, Milord, pour crime de haute trahison. » Le cardinal reste stupéfait, et tous les' deux ne profèrent pas une seule parole. Enfin Wolsey, rompant le silence, demande au comte sa commission écrite, et, comme celui-ci n'en avaiitpas, il refuse d'obéir ; un moment après, apparaît sur le seuil delà porte Walshe, huissier de la chambre privée du roi, qui,pour ne pas laisser soup(;onner la fidélité d'Augusli no.
j.ue d'Esjiagne. Voir Calenddr, p. 202. — Ces lettres ont éle éclriles environ trois semaines après l'arrestation de Wolsey et de sou médecin; mais nous avons dû les mentionner dès à présent parce qu'elles expliquent les événements qui ont amené cette arrestation.