‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 283 sur 400 · HOSPITALITÉ BIENVEILLANTE DU COMTE SHREWSBURY · texte numérisé non relu

HOSPITALITÉ BIENVEILLANTE DU COMTE SHREWSBURY

venait de l'arrêter, en affectant de l'injurier avec violence ; le cardinal se rend à Walshe, quoique ce dernier ne puisse non plus exhiber de commission en règle.

Augustino fut expédié sur-le-champ sous bonne garde jusqu'à Londres, où il trouva, comme nous l'avons dit, une très confortable hospitalité chez le duc de Norfolk.

Quant à Wolsey, il fut obligé de livrer à Walshe et au comte de Northumberland les clefs de ses coffres et de ses secrétaires. On fit, pendant deux jours, la visite de ses papiers et on fouilla tout dans sa maison ; on refusa de lui dire pourquoi il était arrêté et quelles charges pesaient sur lui.

Il devina facilement de quelle main le coup était parti ; il se plaignit amèrement de ce que le roi, oubliant ses anciens services, se laissait conduire à partager les haines et les préventions d'une maîtresse indigne de son affection et de sa confiance. « Mes ennemis politiques, « disait-il, savent bien que je suis innocent; mais ils i( n'ont cherché dans tout cela qu'un moyen de me dé- « truire. »

Le soir même de son départ, il fut conduit à Poutret sous la garde de Royer Gasielles, suivi de cinq personnes de sa maison. Le surlendemain, il était reçu avec beaucoup de courtoisie à Sheffield-Park, chez le comte et la comtesse de Shrewsbury ; il y demeura pendant huit jours, et le comte venait, plusieurs fois dans la journée, donner des consolations au malheureux captif. Wolsey, à dater de cet instant, consacra tout son temps à des pratiques pieuses et à une sérieuse préparation à la mort.

Il n'avait encore que 59 ans ; mais sa constitution

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