‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 291 sur 400 · TUMULTE ET DÉSORDRE · texte numérisé non relu

TUMULTE ET DÉSORDRE

G. du Bellay obtint des ambassadeurs, fort scandalisés d'une pareille scène , qu'ils différeraient d'écrire à leur maître jusqu'au surlendemain; d'autre part, il fît dire aux docteurs récalcitrants, par le premier président, qu'ils eussent à se rassembler de nouveau pour délibérer et ils finirent par y consentir.

Cependant, il y eut encore des séances très orageuses, et les ambassadeurs d'Angleterre rendirent compte, d'une manière peu satisfaisante, de ce qui s'était passé. Car le duc de Norfolk écrivit au maréchal de Montmorency qu'il n'y comprenait rien, que d'après ses correspondants, dans une réunion des docteurs de Sorbonne, il y avait eu cinquante-six voix pour le roi d'Angleterre et sept seulement contre, et dans la suivante, au contraire, trente-six contre, et vingt-deux pour. C'eût été une défaite, et cela aurait grandement étonné Henri VIII. Dans cette lettre, le duc dit cyniquement au premier ministre de France : «Faites que, moyennant votre bonne « aide, le roi mon dit maître puisse obtenir à Paris, « sur sa matière, l'effet et fin désirés i. »

Du Bellay employa non-seulement les menaces, mais les promesses et môme la corruption, à l'égard de quelques docteurs besogneux qui étaient, comme dit Polus, plus sensibles à la faim qu'à l'honneur, quos famés magis quam fama commoveret^.

Quoiqu'il en soit, suivant le jurisconsulte Dumoulin j peu favorable à Rome, comme on sait, les docteurs de

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