‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 292 sur 400 · MAJORITÉ IMPERCEPTIBLE · texte numérisé non relu

MAJORITÉ IMPERCEPTIBLE

Paris donnèrent leur avis définitif à la fin du mois de juin, et d'après le dépouillement des votes, il y eut cinquante-trois voix pour le roi d'Angleterre, quarantedeux contre, et cinq qui voulaient qu'on renvoyât l'affaire au pape. Comme les voix étaient ainsi partagées, l'évoque de Senlis emporta les registres chez lui. La faculté ordonna à ce prélat de rapporter ces registres ; mais il refusa en alléguant des ordres secrets du roi ^. Les deux partis étaient très irrités l'un contre l'autre. On ne vit jamais plus grandes rumeurs parmi les théologiens de Paris. Les ambassadeurs impériaux intervinrent et se plaignirent au roi des intrigues des agents anglais; ils sollicitèrent communication des minutes, ainsi que l'autorisation de produire leurs raisons contre le divorce auprès de l'Université de Paris, mais ils demandaient en môme temps qu'on donnât une sauvegarde aux docteurs espagnols de peur que les ambassadeurs anglais ne les fissent tuer ■^. Le roi les rassura et leur donna de bonnes paroles, mais leur intervention n'eut pas lieu ; car il y avait eu déjà délibération et décision de la Sorbonne. Du Bellay insista pour qu'une copie authentique du décret lui fût délivrée et s'adressa pour l'obtenir au premier président du Parlement de Paris. Ce magistrat ne se mêla qu'avec répugnance de celte affaire, et il écrivit au roi qu'elle nuirait plus qu'elle ne servirait à Henri VIII. On voulait qu'il prît des mesures de rigueur contre le docteur Déda qui, suivant du Bellay, s'était agité comme un démonia-

1. Hishire du divorce, do Joachim Lo4iraiul, lomo III. page 498.

2. LoUre do du Bellay ot Histoire du divorce^ par Joachim Lograiid, tome !«'•, p. 183.

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