‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 293 sur 400 · LA FACULTÉ D ANGERS SE DECLARE CONTRE LE DIVORCE · texte numérisé non relu

LA FACULTÉ D ANGERS SE DECLARE CONTRE LE DIVORCE

que ^ ; il s'y refusa absolument et il se contenta de faire des remontrances aux deux partis pour les calmer et les apaiser^. Du Bellay, malgré ses obsessions, ne put pas obtenir la copie du procès-verbal fût délivrée à lui-même. Le premier président Lizet la fit remettre directement au roi ^.

1. Histoire du divorce, tome III, page 489, 490. — - G. du Bellay obligé d'aller à Bayonne, remit la suite de cette affaire à son frère, « qui, dit-il, prit la chose moi?is chaudement que moi, » ibîd, p. 490- 491. Du Bellay dit, déplus, que Béda est violemment soupçonné d'avoir falsifié le registre, page 502, ibid.

2. Nous avons sous les yeux une brochure très rare : c'est une lettre de M. Burnett à M. Thevenet, avec des notes et remarques de M. Legrand, à la suite de la lettre du docteur Burnett. Paris, veuve Martin, p. 1688. On y lit, p. 21, que le véritable sentiment de l'Université de Paris était qu'il n'existait rien de l'Ancien Testament qui fût de droit divin, snion le Décalogue ; que ceux qui exprimèrent une opinion contraire avaient été gagnés par les Angelots de l'Angleterre, et que la plupart d'entre eux se rétractèrent, ])lurimi retractarunt sententiam. Voici la preuve qu'en donne l'auteur des notes et reconnaissances : Dans l'hiver de 1532 à 1533, une thèse fut soutenue en Sorbonne en faveur de la validité de la dispense accordée à Catherine d'Aragon pour épouser son beau-frère, et, par conséquent, de la légitimité de son second mariage. Plus de cinq cents docteurs ou prélats y assistèrent. L'immense majorité de la docte assemblée se prononça dans le sens de la thèse. « Pronunciaverunt matrimo- « nium serenissimorum Anglise regum, modis omnibus ratum, legi- « timum, sanctumque esse, neque aligne pacte impia, et intempestiva « curiositate debere convelli. » Cette thèse, suivie de cette décision, est citée comme ayant été imprimée à Lunebourg, chez Sébastien Golseman, en 1533.

3. Histoire du divorce, tome III, voir la longue lettre de G.; à la date du 15 août, du Bellay, où il dit avoir pourchassé ce magistrat et, au lieu d'obtenir de retraite en retraite l'acte lui-même, il est obligé de se contenter de la réponse, que cette pièce avait été adressée au roi le matin même. Il prie le maréchal de Montmorency de lui envoyer incontinent cet acte : « Je voudrais, dit-il, l'avoir acheté de mon

INTRIGUES ET CORRUPTION 38o

Sur quatorze universités qui existaient en France, trois autres furent encore consultées et consentirent à délibérer. Ce furent les universités de Toulouse, Bourges et d'Angers. Celle de Toulouse fut favorable à Henri YIII. Dans celle de Bourges, on croit que la faculté de droit se prononça contre le divorce. A Angers, la faculté de théologie, malgré les intrigues dont on l'entoura, décida nettement « qu'un mariage entre « beau-frère et belle-sœur n'était contraire ni au droit (f naturel ni au droit divin, et qu'en pareil cas, le « souverain pontife avait pu, pour des causes raisonna- « blés, donner une dispense ^ »

Sur les six ou sept universités italiennes, Henri était parvenu à en gagner trois, celles de Bologne, de Padoue et de Ferrare. Les commissaires délégués par Henri VHI auprès de ces universités furent Ghinucci, évêque deWorcester, Grégorio Casali, Stokesley et Groke. Ce dernier surtout ne recula devant aucun moyen. Lui-môme, en parlant de Padoue, écrit au roi Henri qu'il n'achète pas les docteurs à prix d'or, mais que quand ils ont bien voté et qu'ils ont apposé leurs signatures, pour reconnaître leur bonne volonté, il leur fait d'honorables présents, puis.il ajoute : « Cependant, gracieux souve- « rain, si j'avais eu assez d'argent à cette époque, quoi- « que j'aie procuré à Votre Altesse cent dix signatures,

sang et le posséder; je l'ai promis aux agents du roi d'Angleterre. » Ibid., p. 50Î, 503, 504. Celle lettre, moitié comiciue, moilié sérieuse, est fort curieuse à liro.

1. « Hujusmodi matrimonium non adversatur juri nalurali ueque « divino, et pontifex, propter causam ralionabilem poluit in liac re « dispensare. » Voir la pièce tout entière, tome III, p. 307, 508 de {Histoire du divorce, déjà citée.

su

Page 1