PRATIQUÉES PAR LES AGENTS ANGLAIS
« outre ce sceau qui m'a coûté cent couronnes, ce' n'est « rien en comparaison de ce que j'eusse pu faire aisément (f et de ce que j'aurais fait ^ »
Quant à l'Université de Bologne, on gagna Pallavicinîo, moine carme et l'un des dignitaires de cette université. Ce moine, assisté de quatre autres de ses collègues, avait rédigé une délibération qu'il disait avoir été votée très secrètement par l'Université, et il avait confié à un notaire le texte de cette prétendue délibération sans date. Mais cette machination ayant transpiré, Pallavicinio, appelé devant le gouverneur de Pérouse, avoua qu'il avait fabriqué cette pièce ^ et qu'aucune délibération n'avait eu lieu au sein de l'Université.
A Ferrare, une partie de la faculté de théologie paraît avoir voté en faveur de Henri VIII. Mais Groke échoua dans sa négociation avec les professeurs en droit civil et canonique.
Il leur avait proposé cent couronnes ! Cette offre fut dédaigneusement refusée. Et deux jours après il aurait donné le double, mais il était trop tard ; la faculté de droit avait décidé, la veille, qu'elle n'interviendrait pas
1. Strype, ai)pend., 106. Lingai'd, note D, à la fin du sixième volume de la traduction déjà citée. « Morisson, écrivant, quatre ou « cinq ans après Codée, fat obligé d'avouer que Henri avait lait « des présents aux docteurs qui avaient soutenu sa cause, mais il c< prétendit que c'avait été par un pur effet de reconnaissance et plu- '« tôt pour les récompenser de leurs peines que pour les corrompre. » Histoire du divorce, par Joachim Legrand, tome P^", p, 1^7.
2. On peut voir les dépositions de Pallavicinio et de ses complices dans un recueil parfaitement sûr. Rœgner, fcf^clerQ, ^lYi 393, 395, 397. 11 est probable que Croke, pour niQOtrer qu'il îi'avait pas voulu tromper le roi, mais qu'il «ivait été trompé lui-n^êUiP. s'était fait livrer une copie de cçs (JépQsiliQns, §t les avaU envoyées en Angleterre.
LES AGEiNTS ANGLAIS REPOUSSÉS EN ALLEMAGNE. 387
dans cette question et qu'elle ne la mettrait pas en délibération ^.
En rapprochant toutes ces circonstances, on voit que Henri VIII n'avait pas à se vanter beaucoup du suffrage de ces universités qu'il prétendait pouvoir revendiquer en faveur de son opinion -.
En Allemagne, quoique ce prince eût envoyé pour soutenir sa cause des agents très actifs, tels que Granmer, Cassali, Andréas, etc., les universités de ce pays ou refusèrent de délibérer ou se déclarèrent contre le divorce, en repoussant fièrement l'or et les présents de Henri VIII. Personne n'a jamais prétendu que des moyens de séduction semblables aient été employés par Gharles-Quint. Les ministres et les partisans anglais qui étaient auprès du roi Henri dirent alors avec une rare insolence : « Après tout, ce ne sont que des Alle- « mands. »
Une protestation, dont on ne sait pas précisément Id date, fut présentée au pape par les agents impériaux résidant ^i Rome dans le courant de l'année io29, pendant que l'on consultait encore ces universités, et avant que toutes leurs réponses ne fussent connues. Ils demandent dans cette espèce de pétition qu'une enquête soit faite sur les promesses, intimidations et corruptions employées par le roi d'Angleterre afin d'obtenir, de la part de ces corps savants, des décisions favorables au divorce. Le nonce d'Angleterre en aurait été chargé pour