PÉTITION DE QUELQUES SEIGNEURS ANGLAIS
Cette pièce est souscrite par Michel Mai et André de Burgo, conseillers et ambassadeurs de Sa Majesté impériale et du roi de Hongrie, procureurs et solliciteurs de sa sereine Majesté la reine d'Angleterre.
Il est donc probable que Catherine leur avait envoyé des pouvoirs réguliers.
Nous croyons ici devoir revenir en arrière pour rapporter un incident d'une assez grande importance et qui tendrait à faire sortir la question du divorce de Henri VHI du cercle étroit de sa passion et de son égoïsme.
Le roi d'Angleterre, voyant Topinion publique se soulever en faveur de Catherine et le zèle des légats chargés de juger la cause se ralentir de plus en plus, comprit qu'il fallait faire une sorte de diversion et donner à ce procès une couleur d'intérêt national. H chercha donc à rattacher à sa cause l'aristocratie anglaise, et l'engagea à prendre, à ce sujet, une sorte d'initiative en s'adressant directement au souverain pontife. Des doutes ayant été élevés sur la légitimité de la princesse Marie, ces doutes ne fussent-ils pas fondés, ceux qui croiraient avoir des prétentions à la couronne y trouveraient un prétexte pour faire valoir leurs droits aux dépens de ceux d'une jeune fille^ incapable, à cause de son sexe, de se défendre elle-même. Alors on verrait se renouveler ces guerres civiles semblables à celles qui avaient armé l'une contre l'autre la maison d'York et celle de
renvoyée à celte date. On a trouvé au surplus, en marge de cette pièce une note du jurisconsulte de l'ambassade, ainsi conçue : « Quum ipsi « habeant vota quatuor universitatum, melius est tacere, donec nos « habeamus etiam noslra. y> Peut-être cette protestation est-elle restée à l'état de projet et n'a-t-elle jamais été remise au pape.
390 ILS FOxNT VALOIR DES RAISONS POLITIQUES ET AUTRES.
Lancastre, et qui avaient fait couler en Angleterre des torrents de sang, pendant le xv° siècle. Henri, ses ministres et tous ses affidés ou favoris, firent valoir habilement ces considérations, et ils obtinrent que les grands du royaume ou un certain nombre d'entre eux écriraient au pape une lettre où ils le prieraient de donner satisfaction à leur souverain en prononçant la nullité de son premier mariage, afin qu'il pût en contracter un second et avoir un héritier mâle dont les droits ne pussent pas être contestés.
La politique qui n'est pas toujours d'accord avec la justice, dicta donc h un certain nombre de lords spirituels et temporels une lettre ou remontrance au souverain pontife, dont voici la substance :
« Non seulement le roi, disent-ils, mais tout le royaume « d'Angleterre se plaint des délais interminables appor- « tés au jugement d'une affaire qui intéresse tout le « pays au plus haut degré. Sa Sainteté, qui a reçu du « gouvernement anglais d'incontestables services, de- « vrait bien accueillir leurs prières et apporter un re- (( mède à leurs peines, puisqu'elle ne peut les ignorer. « Les plus savantes universités de l'Europe ont dû exa* « miner la question de savoir si le mariage du roi était « valide; elles ont trouvé, dit-on, que Henri VIII avait « raison d'en demander la nullité : l'Angleterre tout « entière conjure donc Sa Sainteté de sanctionner cette « opinion généralement répandue, que la cassation de « ce mariage serait une chose équitable et utile. Ce se- « rait le seul moyen d'assuret" la paix de l'Angleterre et « de prévenir les horreurs des guerres civiles Où nous « retomberions certainement, si le roi mourait sans « enfants maies ; nous supplions donc Sa Sainteté de le.