SON LANGAGE FERME ET DIGNE
quelques docteurs^ de quelques universités i, la reine alléguait la loi de Dieu, et de grandes autorités tirées des écrits de savants théologiens ; que l'Europe ne comprendrait pas que l'on revînt contre un mariage fait et accompli depuis tant d'années, sur une dispense du pape demandée par deux grands rois, et après la naissance de plusieurs enfants : « Il n'a pas, dit-il, de tt plus vif désir que de faire plaisir au roi, tant qu'il le « pourra, sans violer les droits les plus saints de la « justice ; enfin, il ne croit pas que ce prince, reli- « gieux comme il l'est, approuve la lettre que ces « seigneurs lui ont écrite.... »
Quoique le pape se fût attaché, dans cette lettre, à ménager d'une manière toute particulière la personne môme du roi, ce prince s'en montra fort mécontent.
Cependant Clément ne se départit pas un seul instant de la ligne de modération qu'il avait adoptée. De son côté, Henri VIII croyait, à cette époque, trouver dans l'alliance française un solide et puissant appui. Il s'imagina qu'une fois que les enfants de France auraient été délivrés, François I", dans l'élan de sa reconnaissance, lui accorderait tout ce qu'il voudrait et qu'en associant la France aux menaces de schisme dont l'Angleterre avait donné l'exemple, en corroborant ces menaces par des préparatifs de guerre contre l'empereur, on forcerait la main à Charles-Quint et au pape luimême. Mais François I" n'entendait pas pousser les choses à cette extrémité ; il voulait la paix pour guérir les
1. Les opinions des universités du continent ne devaient pas être connues le 13 août en Angleterre, mais elles l'étaient certainement à Rome le 22 septembre.