LE DOCTEUR GARDINER, SES TALENTS
maître ou professeur au collège de la Trinité à Cambridge. En 1526, il entra au service de Wolsey, ce qui commença à le faire connaître dans le monde politique.
On se rappelle qu'il fut désigné par le cardinal pour remplir avec Fox une difficile mission auprès de Clément VII. Il s'y distingua par son talent, qui le mit à la tête de la députation, et il s'y fit remarquer plus encore par son audace et par son arrogance envers le souverain pontife.
La manière dont il s'était acquitté de son ambassade plut à Henri VIII qui lui accorda toute sa confiance et le fit secrétaire d'Etat; il devint ainsi le successeur du grand ministre auprès duquel il avait fait son apprentissage des affaires publiques.
S'il n'avait pas été engagé dans le sacerdoce, il aurait été peut-être promu aussi aux fonctions de chancelier. Mais le roi ne voulait plus de prêtre dans ce poste éminent.
Gardiner, si hardi contre le pape, tremblait devant Henri VIII : il se montra toujours prêt à toutes les complaisances, à toutes les servilités pour flatter les passions de son maître. Il était de la race de ces prélats de cour qui perdent les rois en pliant à leurs caprices la loi même de Dieu ^
Le jurisconsulte Thomas Morus, qui fut pourvu de la charge de grand chancelier^ avait un caractère bien différent.
Son père avait été juge à la cour du banc du roi ; il voulut faire de son fils un homme de robe. Aussi, au
1. Il faut avouer pourtant qu'il se conduisit mieux dans la seconde partie de sa vie.