FAUSSE VOCATION SACERDOTALE DE MORUS
sortir d'Oxford où Thomas avait achevé avec succès ses hautes études , le jeune étudiant s'initia à la jurisprudence de très bonne heure. Mais il paraît qu'il fut momentanément infidèle à la jurisprudence pour la théologie; il avait à peine un peu plus de dix-huit ans quand il fit des conférences à Londres dans l'église de Saint-Laurent, sur la Cité de Dieu à^ saint Augustin. Son enthousiasme pour l'évêque d'Hippone ne connaissait pas de limites. C'est à cette époque de sa vie qu'il voulut revêtir la robe de bure des moines franciscains, après s'y être préparé par une vie de mortifications. Mais son directeur le détourna de ce projet. Sa véritable vocation était d'être le modèle des époux et des pères de famille et de donner l'exemple d'une intégrité parfaite et d'une héroïque indépendance dans la vie publique.
Sur la fin du règne de Henri VII, après avoir été sous-secrétaire dans la Cité, il avait été envoyé à la Chambre des communes et s'était montré l'adversaire ardent des impôts dits de bénévolence que l'avare monarque avait voulu établir en Angleterre. Le premier des Tudors était disposé, comme le furent presque tous ses successeurs, à tempérer, par beaucoup d'arbitraire, les libertés constitutionnelles du pays. En conséquence, voulant se venger du nouveau député de l'opposition, qui, n'ayant aucune fortune, n'offrait pas de prise aux amendes et à la confiscation, il fit intenter à son père, sir John More, un procès criminel sous je ne sais quel prétexte. Le vieux juge fut mis à la Tour. Le docteur Fox conseilla au jeune Thomas de se mettre à la merci du roi et de faire amende honorable pour obtenir la grâce de son père. Un autre ecclésiastique supplia le jeune