MAUVAISES DISPOSITIONS DE LA COUR DE ROME
entre Arthur et Catherine aurait été consommé, fait que n'avait cessé de contredire énergiquement Catherine elle-même et qu'Isabelle, de son vivant, n'avait pas cru pouvoir admettre i : il n'y avait donc nul compte à tenir de pareilles autorités.
Alors les agents diplomatiques de Henri l'avertirent que, sur les instances des ambassadeurs impériaux, le pape, malgré tous ses efforts pour traîner l'affaire en longueur, serait forcé de donner et de publier un bref qui interdirait aux archevêques et aux évêques, aux cours et aux tribunaux, de rendre un jugement quelconque dans l'affaire du mariage de Henri et de Catherine, réservant au souverain pontife seul de prononcer ou de refuser le divorce.
C'est le comte de Wiltshire lui-même, en qui il avait tant de raisons de se confier, qui fit savoir à son maître que tous les expédients légaux semblaient épuisés, et qu'un courant favorable à l'empereur et à Catherine tendait à prévaloir à la cour de Rome.
En apprenant ces nouvelles, Henri devint pensif et rêveur* D déplora l'inutilité des efforts immenses qu'i] avait faits jusque-là. Sa résolution commença à chan-^ celer : il donna à entendre à quelques-uns de ses confidents qu'on l'avait trompé, qu'il n'aurait pas songé au divorce avec Catherine s'il n'avait pas cru pouvoir l'ob^ tenir d'une cour ecclésiastique régulière ou du pape lui-même ; puisque l'assurance qu'on lui en avait donnée n'avait nul fondement, comme il était forcé de le reconnaître, il voulait, disait-il, renoncer à la poursuite de ce procès, abandonner Anne de Boleyn et rendre