‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 316 sur 400 · Voir le chapitre m de la première partie · texte numérisé non relu

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SINGULIER DÉGOURAGExMENT DE HENRI VIII. 411

à Catherine tous ses droits de femme légitime ^

Ces expressions de découragement et de repentir arrivèrent comme de sinistres menaces jusqu'aux oreilles des Boleyn et de lady Anne elle-même. Toute cette coterie fut saisie d'inquiétude et frappée d'épouvante. Déjà on présageait leur ruine quand un incident inattendu vint les sauver en produisant dans l'esprit mobile de Henri VIII un revirement complet.

Nous avons dit quels étaient les antécédents de Cromwell. Quant à sa moralité, nous en avons donné la mesure en rapportant son entretien avec le jeune Polus. Il s'était vendu aux Norfolk et aux Wiltshire ; leur disgrâce aurait entraîné la sienne. Péril pour péril, il aima mieux tenter un grand coup : pour un ambitieux tel que lui^ c'était jouera quitte ou double.

Les souverains les plus accoutumés à ce que tout plie au gré de leurs volontés et de leurs caprices s'arrêteraient souvent sur la route du mal, s'ils n'étaient pas poussés par quelque être plus cynique et plus méchant qu'eux-mêmes. Assuérus avait rencontré son Aman, Tibère, son Séjan ; Néron, son Narcisse; Henri YIII eut son mauvais génie dans Cromwell.

Le fils du foulon des faubourgs de Londres, l 'ex-compagnon d'armes, de pillages et d'orgies des grossiers lansquenets, auteurs du sac de Rome, ne craignit pas de demander à Henri VIII une audience particulière; en s'inspirant de sa perversité, dissimulée sous le masque du dévouement, il osa intervenir dans les combats inté-

1, Polus atteste ce fait d'après lo témoignage de l'un de ceux ù <iui de pareilles confidences furent faites. Mifii rcferebat qui audivit. Apoloqia ad Carolum Quintum druireui. ]i. \n.

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