‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 317 sur 400 · AUDACIEUX ET FUNESTES CONSEILS DE CROMWELL · texte numérisé non relu

AUDACIEUX ET FUNESTES CONSEILS DE CROMWELL

rieurs de cette âme hésitante, agitée, découragée.

En se trouvant en la présence du roi d'Angleterre, Gromwell parut d'abord ému, presque intimidé. Il semblait avoir quelque peine à aborder son sujet, à donner son avis à un monarque si puissant, si éclairé, sur une affaire aussi délicate que celle du divorce ; néanmoins, en voyant les préoccupations et les inquiétudes de son bien-aimé souverain, il avait cru ne pouvoir pas garder le silence. C'était sans doute bien de la présomption de sa part, mais il pensait que si les conseillers ordinaires de la couronne se taisaient dans cette circonstance, c'était par une crainte mal entendue de déplaire à leur maître. Quant à lui, il s'était résolue tout braver, pour tâcher d'être utile à son roi et à son pays.

« L'opinion de la chrétienté, ajoutait-il, s'est prononcée « dernièrement en faveur du divorce par la bouche d'un « grand nombre d'universités [et des principaux théolo- « giens et jurisconsultes de l'Europe. Il manque encore, (( il est vrai, l'approbation du pape, qui est tenue en « échec par les menaces de l'empereur. Mais, si le roi « n'obtenait pas de la cour de Rome le jugement favorable « qu'il est en droit d'attendre, devrait-il donc, pour cela, « abandonner la partie et renoncera demander justice? « Ne devrait-il plutôt imiter ceux des princes d'Allema- « gne qui venaient de se soustraire au joug delà pa- « pauté? Et, en s'appuyant sur l'autorité de son parle- « ment, ne pouvait-il pas se déclarer lui-même chef de « l'Eglise dans son royaume? L'Angleterre avait actuel- « lement deux souverains ; c'était un monstre à deux « têtes. Mais si Henri VIII n'hésitait pas à prendre en « main l'autorité usurpée par le pontife, il mettrait fin à « cette grande anomalie : toutes les difficultés présentes

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