HENRI ACCEPTE LE PLAN DE CROMWELL
« s'évanouiraient en même temps, et les hommes d'E- « glise, attachés fortement à leurs bénéfices et à leur « fortune, se mettraient à la disposition de leur souve- « rain, et deviendraient les ministres les plus dociles de « ses volontés. » Il dit encore que le serment prêté au pape par l'évêque, le jour de sa consécration, lui semblait être contraire au serment d'allégeance envers le roi et que ces contradictions devaient cessera
Henri, qui avait d'abord écouté Gromwell avec une surprise inquiète, se laissa peu à peu aller aux séductions de sa parole ; ce qu'il avait d'abord regardé comme impossible finit par lui paraître acceptable et facile. Il céda donc aux insinuations de l'adroit tentateur et s'endurcit à jamais contre tout remords. Le projet qui lui était proposé lui offrait les moyens d'arriver sûrement au but qu'il poursuivait depuis si longtemps et qui semblait fuir toujours devant lui. Il entrevoyait aussi dans l'exécution de ce projet l'occasion de se rendre maître d'une bonne partie des richesses du clergé. Aussi il remercia beaucoup Gromwell de ses conseils hardis et judicieux, et lui ordonna de prêter serment comme membre de son conseil privé. Quelque temps après, il le nommait chancelier de l'échiquier ^.
Mais comment arriver à obtenir la soumission du clergé que le nouveau membre du conseil avait en quelque
1. Nous n'avons fait <[ue traduire du laliu on français ce discours que Polus reproduit dans ses écrits, en sexprimant ainsi : « Hoc pos- « sum afllrmare niliil in illa oratione posilum alicujus momenti, quod « non ab eodem nuncio iCromwell en personne) eo narrante inlellexi, « vel ab eis qui ejus concilii fuerunt participes. » Pol., p. 123.
2. Il fut plus tard nommé vicaire-général de l'Eglise anglicane : le vicaire ou vice-gérant était digne de son chef.