CLERGÉ ANGLAIS MENACÉ ET INTIMIDÉ
sorte garantie au roi d'Angleterre ?Gromwell avait conçu à ce sujet un plan d'une habileté singulière, dont le succès lui paraissait assuré. On reconnaîtra, quand nous l'aurons exposé, que l'élève de Machiavel, dès ses débuts comme homme d'Etat, égalait ou même dépassait son maître.
Nous avons déjà parlé de ces vieux statuts àQprœmunire qui condamnaient à la confiscation des biens et h l'emprisonnement quiconque poursuivait des provisions ou des expectatives à la cour de Rome, ou portait aux tribunaux ecclésiastiques des causes qui étaient du ressort des juges séculiers. Le cardinal Wolsey, pour ne pas irriter le roi, s'était avoué coupable de contravention à ces statuts ; et pourtant il aurait pu alléguer d'abord qu'ils étaient tombés en désuétude, et ensuite que des lettres patentes de Henri VIII l'avaient formellement, dispensé de les observer ^. Mais la confession de culpabilité de l'infortuné cardinal, qui avait pour but unique d'attendrir son maître et d'obtenir son pardon, fournit à Cromwell une arme contre le clergé d'Angleterre tout entier, qui avait reconnu l'autorité de Wolsey, soit comme légat du pape, soit comme juge ecclésiastique. Il y trouva la preuve que ce clergé s'était rendu complice de l'illustre criminel, condamné sur son propre aveu .
Le roi goûta les raisons et adopta le système de son ministre. En conséquence, il ordonna à son attorney général de citer le clergé anglais tout entier devant la cour du banc du roi et, en même temps, il chargea Cromwell de réunir ce qu'il appelait la convocation. La