Voir ci-dessus, p
LE CLERGÉ CITÉ DEVANT LE BANC DU ROI. 41o
convocation était, comme on sait, une assemblée générale du clergé divisée, comme le parlement, en deux chambres, une chambre haute où siégeaient les prélats, une chambre basse, composée des simples bénéficiers.
En présence de cette imposante assemblée, Gromwell eut l'audace d'exposer que le premier devoir d'un sujet loyal était de respecter et de servir fidèlement le roi, image de Dieu sur la terre, et que tous les membres du clergé d'Angleterre avaient enfreint ce devoir en se soumettant à l'autorité du légat contre les statuts du prœmunire^ en vertu desquels le roi aurait le droit de •les faire condamner à la confiscation de tous leurs biens au profit de la couronne.
Là-dessus, plusieurs prélats demandent la parole. Cromwell refuse de les écouter et lève la séance.
L'effet d'intimidation était produit. L'astucieux homme d'Etat veut en profiter. Trois jours après, la convocation est réunie de nouveau : on lui pose alors deux grandes questions à résoudre. La première est celle de savoir si tout mariage entre beau-frère et bellesœur était défendu par le droit divin : la seconde, si le mariage du prince Arthur et de la princesse Catherine avait été consommée. La convocation, h une grande majorité, se décide dans les deux questions pour raffirmalive.
Puis, après avoir fait ces concessions pour rentrer dans la faveur du roi, ces prélats demandent grâces pour les pénalités qu'ils ont encourues [d'après les bills de prœmunirc : on leur répond qu'ils ne pourront s'en racheter qu'à prix d'argent ; ils offrent alors une rançon de cent mille livres; mais Henri VIII leur fait dire qu'il n'accepterait pas cette somme, et ne leur ferait pas grâce, s'ils ne joignaient pas à leur acte de donation une