‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 321 sur 400 · OPPOSITION COURAGEUSE DE TOUSTALL · texte numérisé non relu

OPPOSITION COURAGEUSE DE TOUSTALL

clause qui le reconnût comme chef suprême de l'Eglise d'Angleterre.

C'était aller bien vite ; cela semblait contraire au tempérament anglais, qui ne marche que pas à pas, surtout quand il s'éloigne de ses anciennes traditions. Néanmoins, l'impression de terreur produite sur le clergé était telle que Henri VIII, toujours poussé par Gromwell, avait cru pouvoir tout oser et qu'il espérait tout emporter du même coup.

Il y eut une grande stupeur dans l'assemblée, quand Cromwell y fît connaître cette nouvelle exigence du roi : mais personne ne se pressait de rompre le silence, quand le docteur Toustall, récemment nommé au siège de Durham , crut devoir avertir du danger ses anciens dans l'épiscopat ; il leur posa la question avec une clarté courageuse et peut-être importune pour plus d'une conscience servile : « Si la clause que l'on nous demande d'insérer, « dit-il, ne tend qu'à constater que le roi est chef du « temporel, à quoi bon le dire? Mais, si elle a pour but « d'établir que le roi est aussi chef du spirituel, elle est « contraire à la doctrine de l'Eglise catholique ; je sup- « plie donc tous ceux qui'sont ici présents de témoigner « qu'ils refusent d'y adhérer, et d'ordonner l'insertion « de leur protestation dans les procès-verbaux de la « convocation ^ »

Cet acte de fermeté était au-dessus des forces de la majorité de l'assemblée : là oii il aurait fallu un refus net et vigoureux, on chercha des expédients, des transactions. Warham, archevêque de Cantorbéry, déclara reconnaître la suprématie du roi d'Angleterre, qiian-

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