‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 327 sur 400 · DÉMISSION DE THOMAS MORUS · texte numérisé non relu

DÉMISSION DE THOMAS MORUS

regardaient pas la Chambre des communes ; qu'il avait pour lui l'opinion des plus savants canonistes de l'Europe , enfin qu'à l'âge de quarante-un ans où il était parvenu, il était assez maître de ses passions pour ne pas se laisser gouverner par elles , et pour n'écouter que la voix de la raison, de la justice et d'une saine politique ^.

Le 14 mai suivant, le parlement était prorogé.

Deux jours après, Thomas Morus, voyant avec effroi les dissentiments s'aggraver entre la cour d'Angleterre et la cour de Rome, donna sa démission de la place de lord chancelier. Thomas Audley, l'orateur des communes, lui succéda dans ce poste éminent. C'était un jurisconsulte savant et habile, mais sans aucune moralité; on l'appelait le grand vendeur de justice ^.

Cependant on s'émut à Rome et en Angleterre au sujet du dernier bref du pape; car, au bout d'un mois, le roi aurait encouru les censures et excommunications dont il avait été menacé, s'il ne recommençait pas de cohabiter avec sa femme légitime. Une lettre de Nicolas Raince au roi de France nous apprend qu'il obtint de Clément VII de suspendre l'effet des censures pendant un certain temps ^.

Henri VIII avait encore envoyé auprès du pape trois ambassadeurs, Donner, Benett et Edouard Karnes; il avait permis à ce dernier de prendre le titre à' Excusaleur, pour suivre son procès à la cour pontificale. Le rapport de la cour de la Rote avait été achevé et présenté

1. Histoire du divorce, de Joachim Legrand, tome l^'", p. 223.

2. Lettre de M. de Marillac citée par J. Legrand, ibid., p. 224.

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