‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 333 sur 400 · FAIBLESSES MONDAINES DE JEAN DU BELLAY · texte numérisé non relu

FAIBLESSES MONDAINES DE JEAN DU BELLAY

« Monseigneur, il me semble que je n'agirois en < homme de bien, si je vous célois la bonne chère que ce roy et toute la compagnie m'a faict et la privante dont il use envers moi. Tout le long du jour je suis souvent seul à seul avec lui à la chasse là où il me conte toutes ses affaires, prenant autant de peine à me vouloir donner plaisir en sa chasse, comme si je fusse un bien grand personnage. Quelquefois il nous met M°^*^ Anne et moi avec chacun son arbalète au poste pour attendre les daims à passer, comme vous savez leur façon de chasser. Quelquefois nous sommes, elle et moi, tout seuls, en quelque autre lieu

pour voir passer les daims Cette dite dame Anne

m'a fait présent de robe de chasse, chapeau, trompe et lévrier : ce que je vous écris, monseigneur, n'est pas pour vous cuider persuader que je sois si howicstc homme que je doive estre tant aimé des dames, mais afin que vous connoissiez comment l'amitié de Henri VIII s'accroit et continue..., car ce qu'en fait ladite dame est tout par le commandement du dit seigneur roi. >> Du Bellay veut bien pourtant ne pas attribuer à ses qualités d.'hù)inête homme les attentions d'Anne de Boleyn et les succès qu'il obtient auprès d'elle : il les explique par la politique de Henri VIII. Néanmoins il se plaît à raconter comment il se trouve quelquefois tout seul avec cette lady pour voir passer les daims, et il décrit avec complaisance le costume de chasseur dont elle lui a fait présent.

On juge avec une juste sévérité les prélats anglais qui se vendirent à Henri VIII à cette époque. Que dirons-nous du prélat français qui oublie à ce point, dans

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