‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 339 sur 400 · LETTRE DE CATHERINE A SA FILLE · texte numérisé non relu

LETTRE DE CATHERINE A SA FILLE

que ce mariage n'avait pas été clandestin, mais public et manifeste, et qu'au besoin il le confirmait par son autorité judiciaire et primatiale ^

Dès le lendemain 29, on procéda au couronnement d'Anne de Boleyn, qui se fit avec une grande magnificence. Jamais reine d'Angleterre n'eut une plus brillante ovation 2. Le roi assista en spectateur à ce triomphe éclatant quHl avait préparé et organisé pour celle qu'il aimait et qui allait enfin partager publiquement son trône.

Aussitôt que fut prononcé à Dunstable le prétendu jugement qui la condamnait, Catherine avait écrit au pape pour lui apprendre qu'elle était exilée de la cour et reléguée à Ampthill. Cruellement séparée de sa fille, elle lui écrivait, non pour se lamenter vainement sur sa propre destinée, mais pour lui recommander une grande application à ses études sous la direction de son nouveau gouverneur, le docteur Featherstone.

« Je vous prie de croire, ma fille, que ce n'est pas par « oubli ou par négligence que je n'ai pas répondu à « votre bonne lettre, dans laquelle je m'aperçois que « vous vous plaignez de ne pas savoir de mes nouvelf( les. Je suis bien dans le cas d'éprouver quelque trouce ble, par suite de votre absence et de celle du roi. Ma « santé est médiocrement bonne. J'ai confiance en la

1. Ainsi que le fait remarquer Bossuet, <c l'indigne faiblesse de Cranmer, son extrême ingratitude envers Anne, et sa honteuse complaisance à casser tous les mariages au gré de Henri ôtèrent à sa première sentence toute l'apparence d'autorité que le nom d'archevêque lui pouvait donner. » Histoire des VaîHations, liv. VII.

2. Voir les détails de cette cérémonie, Histoire du divorce, par Joach. Legrand,tome I,p. 261-262.

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