LETTRE DE CATHERINE A SA FILLE
(( bonté de la Providence qui a eu ses vues en m'en-
(( voyant ici-bas, et qui, sans doute, fera tout finir pour le
a mieux. Pendant ce temps je suis contente d'apprendre,
« soit par vous, soit par d'autres, que vous faites des
« progrès en tout genre. Dieu en soit béni et veuille vous
<^ continuer ses faveurs.
(.< Quant à l'art d'écrire en latin, je suis heureuse de
« penser que vous ayez passé de mes mains dans celle
« de M'' Featherston,car il est beaucoup plus capable que
« moi de vous apprendre à bien écrire dans cette lan-
« gue. Mais je serais heureuse de savoir, quand
(( vous m'écrirez, ce que pense M"" Featherston des pa-
« ges que vous lui soumettez et qui passent ensuite
« sous mes yeux. Ce serait pour moi une grande con-
« solation de savoir que vous perfectionnez vos études,
(c de manière à faire de la belle latinité. Je vous prie
« de me recommander au bon souvenir de lady Salis-
(( bury 1. ))
« Votre bien-aimée mère,
« La Reine Catherine. »
La dernière partie de cette lettre trahit Técolière de Pierre Martyre, l'humaniste distinguée qui avait attiré dès sa jeunesse l'attention d'Erasme. On admire comment cette reine persécutée peut dominer assez ses chagrins et ses préoccupations personnelles pour veiller ainsi de loin à l'éducation de sa fille et pour lui faire donner cette instruction solide qui offre tant de ressources et de consolations dans toutes les situations de la vie.
1. Cette lettre est citée pai* M'"' StrickIun<I, p. 102. odil. de 1875, Londres, G. Boll.