‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 341 sur 400 · CATHERINE DEMA.^DE A VOIR SA FILLE MALADE · texte numérisé non relu

CATHERINE DEMA.^DE A VOIR SA FILLE MALADE

Catherine écrivit bientôt après à sa fille une autre lettre pleine d'excellents avis, où elle la prie de se soumettre avec patience et douceur à la volonté de son pore : elle craignait avec raison que Marie ne mécontentât le roi par l'expression de ses plaintes que pourraient recueillir les espions qui l'entouraient. Elle sentait qu'il ne fallait pas compromettre les chances que pouvait avoir encore la véritable héritière de la couronne pour faire quelque jour reconnaître et triompher ses droits légitimes. Cette lettre contient des paroles affectueuses pour lady de Salisbury : « Rappelez-lui, dit (( Catherine en finissant, que nous ne pouvons parvenir « au royaume du ciel qu'à travers beaucoup de peines « et d'épreuves. »

Un peu plus tard, la malheureuse reine, ayant appris que sa fille était malade, ne craignit pas de supplier Cromwell de lui obtenir la permission de la voir. « Ce serait pour moi, dit-elle, la meilleure des consolations, la plus douce des jouissances; pour elle, ce serait un commencement de guérison. » Cette demande si touchante fut durement repoussée.

Cette dernière épreuve fut trop forte et trop amère pour Catherine : elle tomba malade à son tour, dans la résidence d'Ampthill, où elle se trouvait ^

Cependant Cranmer fit signifier le jugement du divorce aux deux parties.

En adressant une expédition du jugement à Henri VIII, il menaçait ce prince du courroux céleste, s'il persistait dans son commerce illicite avec la veuve de son frère.

1. c'était une inaison de camijagne de Thomas More dans Uoi^tfordshirei

SIGNIFICATIOX DU JUGEMENT DE DIVÙRGE. 451

Ces menaces étaient tardives et dérisoires ^ car ce commerce prétendu coupable avait cessé depuis près de trois ans!

La signification du jugement à la reine devait avoir un tout autre caractère. Elle lui fut portée par lord Mountjoy ^ qui avait été son page, et qui était chargé de lui apprendre qu'elle était déchue du rang et du titre de reine. Gomme elle était malade, il ne put être introduit auprès d'elle qu'au bout de deux ou trois jours ^. Enfin elle le reçut, quoique encore souffrante, étendue sur son lit de repos. Autour d'elle se trouvaient un grand nombre de ses serviteurs qui prêtaient avidement l'oreille à ce qui allait être dit dans cette conférence. Elle commença par demander à lord Mountjoy s'il était chargé de traiter avec elle de vive voix ou par écrit. (( Des deux manières, répondit-il. — Mais aus- {( sitôt, dit ce lord dans sa relation, que nous lui avons (( lu les articles qui la concernaient et où elle était « mentionnée couime reine douairière, elle réclama « contre cette qualification, en disant qu'elle n'était pas (( princesse douairière, mais reine et la véritable femme « du roi; qu'elle avait été couronnée et reconnue solen- (( nellement, jpar le roi lui-même, reine légitime ; que « rien ne pouvait chez elle effacer ce litre, qu'elle le re- « vendiquerait toute sa vie et en toute circonstance. »

1. u Au non locinn i[)SO ridcbas cum lanquam sovorus jiulo.v roi^'i « minas inlentarcs .•' /> Pol., Epist. De sacrain. Eucharisliœ.

2. M'»« Strickland, ù ((ui nous emprunlons ce récil, ne dit pas «lUC lord Mountjoy était accompagne de sir Uobcrt Dymmok,de Joliu Tyrrel, Grillilli, Richard et Tliom. de Vaulx. Voir leur rapiiort dans les State paprrs.

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