‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 347 sur 400 · HENRI VIII NE TIENT PAS SES PROMESSES · texte numérisé non relu

HENRI VIII NE TIENT PAS SES PROMESSES

commissaires eussent été désignés pour juger la cause, il sursoirait aussi au projet qu'il avait eu de se soustraire entièrement à l'autorité de l'Eglise romaine i. Là-dessus, l'officieux prélat proposa de se charger d'aller plaider lui-même à Rome la cause du divorce et cette offre fut acceptée. J. du Bellay se rendit donc en Italie malgré les rigueurs de l'hiver ; il dut se concerter, dans ses démarches, avec les ambassadeurs anglais résidant auprès du souverain pontife. Ceux-ci avaient reçu des instructions qu'ils prétendaient être conciliantes. Il leur était enjoint de proposer que la cause du divorce fût jugée de nouveau en Angleterre, en sousentendant que la sentence qui serait rendue serait sanctionnée par le pape^ et de promettre qu'à ces conditions le royaume se tiendrait dans l'obédience du Saint- Siège apostolique.

En dépit des promesses faites à du Bellay, aussitôt que cet ambassadeur fut parti pour l'Italie, Henri ne se mit nullement en peine de surseoir à ses attaques contre l'Eglise romaine. Au contraire, pendant qu'il affectait, dans les instructions données à ses ambassadeurs, de faire, en quelque sorte, des avances au Saint-Père et qu'il feignait de se rapprocher de lui, il continuait de s'en séparer de plus en plus dans la direction donnée à son gouvernement intérieur.

Il existe une lettre curieuse du duc de Norfolk ^ par

1. Mémoires de Martin du Bellay, édition déjà citée de Michaud et Poujoulat, tome V, p. 283-284. Cet auteur est ici d'une grande autorité, car il devait bien savoir ce que Henri VIII avait dit à son frère .

2. Du 27 janvier 1534, J. Legrand, tome III, p. 588-595. On a prétendu que François I^»' était entré en pourparlers avec les confédérés

NORFOLK CRITIQUE LES CONCESSIONS FAITES A ROME. iOo

laquelle, tout en remerciant le roi François l''' d'avoir envoyé Monsieur de Paris à Rome dans Tintérôt de Henri VIII, il se permet d'affirmer, d'après les meilleurs docteurs de l'Angleterre, que le pape n'a pas plus d'autorité hors du diocèse de Rome qu'aucun autre évêque n'en a hors de son propre diocèse. « Ces docteurs, « njoute-t-il, ont, par leurs irréfragables raisons, per- (i suadé cette vérité tant à moi qu'aux autres nobles et « commun peuple de ce royaume, et de jour en jour les (( confirment : de sorte que, si leji'oi mon maître leur « donne congé de mettre la matière en avant, s'il laisse « liberté de la discuter au présent parlement, le pape, « tant pour lui que pour ses successeurs, perdra non- « seulement l'obédience de tout le royaume, mais ena core tout ce qui dépendra de lui et de son autorité y « sera à tout jamais en haine et en abomination. »

Le duc de Norfolk, sous prétexte de donner un conseil officieux et un avertissement d'ami au ministre de François P', ose lui tenir ce langage : « Depuis l'en- « trevue de Marseille le roi votre maître est aucune- « ment trop enclin à favoriser le pape jusques à son « propre détriment de sa juridiction et régalité. Car tt \otre dit maître étant très puissant et très chrestien a roi, qui ne reconnaît point de supérieur pardessus soi, « pourquoi a-t-il, ainsi qu'on me la rapporté, pour-

luthûriens d'Allemagne pour les soutenir et pour s'engager à se soustraire kii-nièmc à l'obédience du pape. Cela ne nous paraît pas du tout prouve historiciuement. On ne peut citer à cet égard ((u'un seul témoignage contemporain, ijui est fort suspect, celui de Christophle Mount, Allemand et agent du roi Henri VIII auprès de François V. Ce Mount avait voulu mettre Mélanchton en rajtport avec le roi de France, mais il parait «pi'il n'y a\ait pas réussi.

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