‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 348 sur 400 · HENRI TIENT UNE CONDUITE TOUT A FAIT CONTRAIRE · texte numérisé non relu

HENRI TIENT UNE CONDUITE TOUT A FAIT CONTRAIRE

(( chassé une bulle du pape, 'pour faire justice dans c< son royaume. Gomme à dire qu'il n'eût pas telle au- (( torité auparavant sans les bulles du pape ! Le pape ne « pourrait-il pas, sous couleur de ce, usurper sur la c( royale juridiction et aussi tirer le cas à exemple au a détriment de tous autres rois et princes? »

Or de quoi s'agissait-il? De deux bulles pontificales, l'une au sujet de la correction et punition des hérétiques en France, l'autre concernant la condamnation des prêtres et clercs condamnés pour hérésie. Afin d'éviter tout conflit avec la juridiction ecclésiastique, François P' demanda et obtint une autorisation formelle du pape de faire poursuivre par ses juges séculiers des crimes religieux, et môme de simplifier les formalités exigées pour la dégradation d'un prôtre accusé d'hérésie, dégradation qui ne pouvait être prononcée que par l'autorité spirituelle ^. C'était, de la part de François, poursuivre l'entente commune avecTEglise, tandis qu'en Angleterre on ne visait qu'h la guerre et à la séparation.

Ainsi Henri VIII ne se contentait pas de chercher h entraîner l'Angleterre dans le schisme, il faisait encore delà propagande chez les puissances voisines en faveur de cette politique de discorde entre l'Etat et l'Eglise ; il s'efTorçait de souffler au-dehors la défiance et la haine contre la papauté.

On vient de voir que l'un de ses ministres avait eu l'audace de s'ingérer dans la politique française et de lui reprocher trop de condescendance pour la cour de Uome. Une si insolente ingérence aurait mérité d'être

1. Voir le texte môme de la bulle citée aux pièces juatilicalivôs, tome III <lo V Histoire du divorce, par J. Legraufl, p. Gl'5, GlC-Gt7.

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