‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 35 sur 400 · MARIAGE PROJICTÉ POUR CATHERINE · texte numérisé non relu

MARIAGE PROJICTÉ POUR CATHERINE

joignait à tous ses autres travaux le soin de l'éducation de ses filles.

Elle songeait aussi, des leur enfance, aux alliances princières qu'elles devraient contracter un jour; et, avant môme d'entrer à Grenade, elle prenait des arrangements pour le mariage futur de Catherine.

Quand il fut question, pour la première fois, d'une union matrimoniale entre Catherine, princesse de Castille, et Arthur Tudor, prince de Galles, l'une n'avait pas encore trois ans, l'autre âgé de dix-huit ou dix-neuf mois sortait à peine des bras de sa nourrice.

Dans les rangs ordinaires de la société, on fait quelquefois de ces projets lointains d'union : mais ils sont subordonnés aux convenances des plus intéressés, de ceux qui devront s'appartenir un jour. Et on voit bien rarement se réaliser ces plans conçus si longtemps à Tavance.

Dans les mariages princiers, on sent qu'une question domine et doit dominer toutes les autres, la question politique. Ceux que l'on unit par des fiançailles prématurées ne sont pas reçus à faire valoir des objections personnelles, ou à parler de leurs répugnances instinctives. Ils doivent courber la tête devant la volonté des rois et de leurs gouvernements comme devant une nécessité fatale-; dès le commencement de la vie, on leur fait sentir le poids de ces chaînes dorées, mais si lour^ des, qui sont l'apanage de la grandeur.

Ferdinand accueillit avec d'autant plus de joie les premières ouvertures qui lui furent faites par le cabinet anglais pour cette alliance matrimoniale, qu'il tenait à détacher de la France le roi Henri VII, qui,àladi(rércnce de presque tous les Anglais, avait pour ce pays, comme

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