‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 363 sur 400 · LES PRÉDICTIONS DE LA NONNE DE KENT · texte numérisé non relu

LES PRÉDICTIONS DE LA NONNE DE KENT

malheureuse visionnaire, Elisabeth Barton, plus connue sous le nom de la Nonne de A>;i^^ prétendit avoir des extases. Elle avait, disait-on, prédit la mort du roi dans le délai de sept mois, s'il répudiait Catherine. Fisher et Morus avaient vu la visionnaire ; ils avaient eu communication de sa prédiction menaçante. Ils n'en avaient pas fait part à Henri VIII. On pendit la nonne qui s'était avouée coupable de fraude et de dol. On envoya aussi au supplice quelques moines qui l'avaient encouragée dans ses impostures. D'un autre côté, on poursuivit comme coupables de non-révélation (mhprision of ù^eason) l'illustre ex-chancelier et le vertueux évoque de Rochester ^

Ces deux hommes avaient une grande simplicité de vie, une semblable aversion pour le luxe, un égal mépris des richesses. L'indépendance de leur caractère ressortait avec éclat au milieu de la bassesse générale.

Fisher n'était encore qu'un jeune ecclésiastique, quand laduchesse de Richmond, grand'mère de Henri VIII, lui recommanda, avant de mourir, de veiller sur son petitfils et de lui donner de bons conseils. L'évêque, devenu un vieillard, n'oublia pas la mission qui lui avait été donnée ; elle lui avait d'ailleurs été rendue facile par l'orphelin devenu roi, qui ne cessa, pendant les dix-huit premières années de son règne, de lui témoigner un profond respect et d'autoriser la liberté de son langage apostolique.

Mais tout changea lors du procès intenté à la reine : on a vu comment la noble protestation de Fisher, en faveur de Catherine, fut suivie du pamphlet de Henri Vlli

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