‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 366 sur 400 · INTERROGATOIRE ET RÉPONSES DE TH. MORUS · texte numérisé non relu

INTERROGATOIRE ET RÉPONSES DE TH. MORUS

Majesté. Mais il me semble que, si je ne puis pas déduire mes motifs sans péril,, ce n'est pas une obstination que de les taire.

Cranmer. — Vous dites que vous ne blâmez personne de prêter le serment. Alors il est évident que vous n'êtes pas convaincu qu'il soit blâmable d'y consentir, mais vous devez être convaincu aussi qu'il est de votre devoir d'obéir au roi ; en refusant toutefois de le faire, vous préférez ce qui est incertain à ce qui est certain.

Moriis. — Je ne blâme pas les personnes qui prêtent le serment, parce que je ne connais ni leurs raisons, ni leurs motifs ; mais je me blâmerais moi-même, parce que je sais que j'agirais contre ma conscience : et vraiment cette façon de raisonner nous aplanirait toute difficulté. Toutes les fois que les docteurs ne seraient pas d'accord, on n'aurait qu'à obtenir le commandement du roi, pour l'un ou l'autre côté de la question, et ce qu'il déciderait serait toujours bien.

L'abbé de Westminster . — Mais vous devez croire que votre conscience est erronée, quand vous avez contre vous tout le conseil de la nation.

Morus. — Je le croirais, si je n'avais pour moi un conseil plus grand encore, celui de la catholicité ^ !

Après cet interrogatoire où Morus n'avait cessé d'être habile que pour devenir sublime, on fît venir Fisher qui, au fond, se tint sur un terrain semblable. Il ne fit pas d'objection au serment qu'on lui demandait relativement à la succession au trône, dont les droits avaient pu être réglés parle pouvoir civil, mais, quant à la partie

1. Œuvres de Thomas Morus, Epistolse, p. 1429-1447, et Lingard, traduct., tome VI. — Note sous les pages 308 et 309.

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