‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 367 sur 400 · FISHER ET MORUS A LA TOUR DE LONDRES · texte numérisé non relu

FISHER ET MORUS A LA TOUR DE LONDRES

théologique, il soutint que l'Eglise seule était compétente.

Il fut conduit à la Tour ainsi que Thomas Morus.

Le conseil fut appelé à délibérer sur leur sort.

On y produisit à leur égard deux opinions différentes.

Granmer soutint qu'il fallait accepter leur serment avec les restrictions qu'ils y attachaient. Au fond, la concession qu'ils faisaient, tout imparfaite qu'elle fût, pouvait avoir des avantages immenses. Catherine d'une part, l'empereur de l'autre, ne pourraient plus citer deux grandes autorités contre les droits à la couronne des enfants de la nouvelle reine. Ne pas accepter cette adhésion de l'évêque de Rochester et de l'ex-chancelier pour cette partie du bill, c'était les amener à le rejeter tout entier. Cet avis de Granmer fut combattu par Gromwell qui, moins politique peut-être et certainement moins humain, voulait qu'on leur arrachât une soumission sans condition, ou qu'on effrayât leurs amis en les punissant avec la dernière sévérité. G'est à cette opinion que se rangea Henri VIII.

Les deux illustres prévenus furent donc condamnés à la dégradation et à la perte de tous leurs titres et dignités, à la confiscation de leurs revenus, et à un emprisonnement perpétuel.

Thomas Morus, grâces aux soins attentifs de sa fille, Marguerite Roper, ne manqua pas des choses nécessaires à la vie. Quant à Fisher, privé de toutes relations avec le dehors et jeté dans un cachot humide, il fut contraint de demander à Henri VHI lui-même quelques vêtements, pour remplacer les haillons qui le laissaient demi-nu et glacé par le froid.

Au mois de novembre suivant, la suprématie spiri-

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