CONDAMNATION ET SUPPLICE DE FISHER
tuelle du roi fut solennellement proclamée par acte du parlement dans toute l'étendue de l'empire Britannique.
Cette nouvelle législation fournissait un moyen de reprendre en sous-œuvre les poursuites criminelles entreprises contre l'ex-chancelier et l'évêque Fisher.
Des magistrats, des dignitaires ecclésiastiquies descendirent au fond du cachot où gisait Pévêque de Rochester. Ils lui promirent la liberté et la réintégration dans tous les honneurs s'il consentait à prêter le serment de suprématie. Il n'y avait pas là de distinction à faire. Fisher repoussa les tentateurs. Il leur répondit nettement que le roi né pouvait pas être le chef de l'Eglise de Dieu.
Or, le 7 mai 1535, Fisher fut convaincu d'avoir dit méchamment et traîtreusement que le roi n'était pas le chef de l'Eglise; on déclara l'avoir trouvé coupable, d'après les dépositions des personnes envoyées vers lui, par le conseil, pour discuter la question de suprématie. Paul III, successeur de Clément VII, avait compris Fisher dans une promotion de cardinaux, avant que le bruit de sa condamnation fût parvenu à Rome. Quand Henri VIII apprit cette nouvelle, il laissa échapper ces mots qui font frissonner : « Paul peut bien « envoyer le chapeau à Fisher : j'aurai soin qu'il n'ait a pas de tête pour le porter ! »
Fisher fut condamné le 17 juin 1535 au supplice des traîtres, arrêt que l'on n'exécuta pas dans toute sa rigueur. Le 22 du même mois, jour où il devait mourir, il eut soin de faire une toilette plus soignée que de coutume; on lui demanda pourquoi. — C'est, dit-il, que ce jour sera, je l'espère, celui de mes noces éternelles. — Pendant qu'on le menait au supplice, le peuple qui