‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 369 sur 400 · CONDAMNATION ET SUPPLICE DE FISHER · texte numérisé non relu

CONDAMNATION ET SUPPLICE DE FISHER

s'était réuni en foule sur son passage retarda pour quelque temps sa marche. Il profita de ce temps pour consulter l'Évangile qu'il ouvrit au hasard, en priant Dieu de lui faire trouver dans ce livre divin, à l'heure de la mort, la consolation qu'il y avait puisée dans le cours de sa vie. Il tomba sur le passage suivant : « La (( vie éternelle consiste à vous connaître, seul vrai Dieu, « et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. » — Il témoigna qu'il était très heureux d'avoir rencontré [une telle sentence qui semblait le justifier d'avoir préféré à son souverain de la terre le souverain du ciel, le véritatable roi de l'éternité. Il s'en alla donc répétant et méditant ces belles paroles. Etant sur l'échafaud, il prononça le Te Dcum : dès qu'il en eut achevé la récitation, on lui coupa la tête ^

Toute la vieille affection de Henri VIII pour Téveque de Rochester s'était changée en haine profonde, implacable. Il ne se contenta pas d'avoir fait procéder à son exécution, mais poursuivant sa vengeance au-delà du trépas, il ordonna que le corps du supplicié, tout nu, fût exposé pendant le reste du jour et livré aux outrages de la populace 2. C'est ainsi qu'il expiait son ancienne vénération pour ce saint prélat!

Quant à Thomas Morus, il avait évité de se prononcer sur la brûlante question de la suprématie de Henri VIII. Dans un long acte d'accusation, on lui imputait, entre autres griefs, d'avoir encouragé Fisher à

1. Voir VHistoire d'Angleterre, par le rôfugiô protoslanl, M. do Larrey, tomo P"", p. 309, Rotterdam, clioz ReinitM' Leert, 1G97. — Celle histoire est dédiée ù Guillaume III.

2. Mortui corpus niiduin prorsiis in loco supplicii ad .v^rc(«cu/u/u populo relinqui mandaverat. Polus, Ajiohg. ad Car,, p. 9G.

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