‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 37 sur 400 · DÉBATS SUR LA DOT · texte numérisé non relu

DÉBATS SUR LA DOT

dant que les Anglais réclamaient quatre fois plus, eux offraient quatre fois moins. II y avait d'ailleurs, disaient-ils , un risque à courir dont on devait tenir compte : c'est qu'il s'agissait, pour la princesse Catherine, de s'allier aune famille nouvellement assise sur le trône d'Angleterre, qui n'y était pas très fortement enracinée, et qui pourrait être renversée par l'une de ces révolutions si fréquentes dans la Grande-Bretagne depuis plus d'un demi-siècle.

Cependant le comte de Richemont qui représentait la maison de Lancastre, et qui régnait sous le nom de Henri VII, croyait avoir éteint toute compétition possible, en épousant la princesse Elisabeth, fille d'Edouard IV et sœur des deux jeunes princes qui avaient été assassinés à la Tour de Londres par les ordres de Richard III. Il prétendait ainsi unir la rose blanche à la rose rouge, et, s'il fallait l'en croire, personne ne pourrait avoir l'idée de lui disputer la couronne, depuis qu'il avait réuni, par son mariage, les droits de la maison d'York à ceux de sa propre maison.

Les ambassadeurs espagnols n'estimaient pas que la question de légitimité eût été ainsi définitivement résolue, et ne partageaient pas la sécurité que paraissait avoir le roi Henri VIL Ils le dirent nettement aux négociateurs anglais. Cependant, s'il faut s'en rapporter au témoignage de Puebla, cette objection fut présentée en riant, et avec tant de courtoisie, que l'on sauva le fond par la forme et que l'on évita de froisser l'orgueil britannique.

On traita ensuite la question d'argent, et le mariage royal fut débattu, comme l'aurait été un marché ordinaire sur la place de Londres. C'était vraiment pro-

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