‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 371 sur 400 · INDIGNATION QUE CE SUPPLICE EXCITE · texte numérisé non relu

INDIGNATION QUE CE SUPPLICE EXCITE

Quand il fut arrivé à la Tour, on lui annonça que Henri YIII, par une faveur exceptionnelle, avait borné pour lui la peine des traîtres à celle de la décapitation. « Que Dieu, s'écria-t-il, préserve mes amis d'une lelle « faveur? »

Il montra jusque sur Téchafaud la môme sérénité, la même résignation. On ne lui permit pas de haranguer le peuple. Alors il se contenta de déclarer qu'il mourait fidèle à Dieu et à l'Eglise. Sa tête fut exposée sur le pont de Londres ^

1. Ce ne fut pas, au surplus, le seul sang versé à cette époque pour la même cause. Les prieurs des trois Chartreuses de Londres, d'Axiholm et de Belleval, s'étaient rendus près de Cromwell pour lui exposer leurs objections contre la suprématie spirituelle du roi. Pour toute réponse à leurs arguments, il les fît arrêter dans sa maison et de là conduire à la Tour. La semaine suivante, il les accusa de haute trahison pour avoir refusé au souverain l'un des attributs de sa dignité royale. Comme les jurés devant lesquels ces prévenus durent comparaître hésitaient à prononcer une condamnation contre des religieux si exemplaires et si purs, ils demandèrent un jour de délai pour délibérer ; alors Cromwell se transporta au milieu d'eux, tâcha de les influencer à huis-clos, et comme il ne parvenait pas à les persuader, il employa la terreur à l'aide do ses arguments. C'est ainsi qu'il emporta un verdict de culpabilité pour fait de haute trahison contre ces malheureux moines, après avoir abusé contre eux de l'intimité d'une conversation. Peu de jours après l'exécution dos trois prieurs, Reynolds, moine de Syon, fort connu dans le monde des lettres et des sciences, fut pendu il Tyburn avec un prêtre séculier, pour n'avoir pas obéi à l'acte de suprématie; et enlin on condamna au supplice des traîtres trois autres chartreux, dont tout le crime était «d'avoir, quoique en vain, sollicité la « permission de donner à ces deux prêtres les consolations de la relire gion, avant leur mort. La sentence, cette fois, fut exécutée avec la plus « barbare exactitude. » La plume se refuse à retracer les détails de cet horrible supplice '. On les pendit d'abord, on les décrocha vivants, on leur arracha les entrailles et on les démembra. — Cet alfreux

1. Ling'.ird, tome VI de la traduot., p. 318. par M. de Ronjoux.

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