‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 372 sur 400 · SON ADMIRABLE MORT · texte numérisé non relu

SON ADMIRABLE MORT

Certainement^ Thomas Morus et Fisher sont deux admirables caractères. Il y a cependant entre eux quelques différences. Au moment des poursuites de lèse- Majesté dont il fut l'objet, l'évêque de Rochester crut que toute défense était à la fois inutile et contraire à sa dignité. Il ne voulut pas disputer sa vie à des juges dont les suffrages étaient vendus d'avance à la tyrannie. Ce fut un saint qui alla avec sérénité au devant du martyre.

L'attitude de Thomas Morus ne fut pas la môme : moins héroïque sans doute, surtout dans le début, elle fut celle d'un légiste consciencieux mais habile, qui se défend pied à pied contre des accusations perfides et des trames infernales. La mission qu'il eut à remplir fut de montrer, de faire ressortir dans sa personne la violation des lois de son pays, le mépris des principes fondamentaux, des principes que les Anglais regardent comme les plus sacrés de leur constitution ^

Chez eux, le homc^ le foyer du chef de famille, était protégé par ce qu'on appelait une />«2^ spéciale. Le seuil de la maison d'un homme libre ne pouvait pas être franchi sans son autorisation : la justice sociale ellemême s'arrêtait devant cette espèce de forteresse, et n'avait pas le droit d'en forcer l'entrée.

Eh bien ! — H y a un asile plus inviolable encore que la maison du citoyen, il y a un sanctuaire plus impéné-

supplice des traîtres était tombé en désuétude depuis assez longtemps; mais il n'a été abrogé formellement que depuis quinze ou seize ans, par un bill du parlement anglais.

1. Voir le tome l^i" de notre Histoire du droit criminel des peuples modernes, p. 94, 95 et suivantes. La violation de certaines paix était punie par la mise hors la loi de celui qui s'en rendait coupable.

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