‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 373 sur 400 · LA MORT DE FISHER ET DE MORUS CAUSE LA STUPEUR · texte numérisé non relu

LA MORT DE FISHER ET DE MORUS CAUSE LA STUPEUR

trable que doit respecter la puissance môme des Césars ; — cet asile, ce sanctuaire, c'est la conscience.

Thomas Morus croyait que sa pensée serait hors de toute atteinte, si elle restait renfermée dans son intérieur. C'est en ce sens supérieur et élevé qu'il entendait la paix du chez soi. Avec toutes les ressources du jurisconsulte et du praticien, il s'était tenu sur le terrain de la stricte légalité. Mais il est des régimes politiques sous lesquels le silence devient un crime, et où c'est une révolte que de garder, même secrètement, l'indépendance de sa foi. Cette indépendance semble être une protestation tacite. — C'est ce que ne saurait pardonner Tapostasie au pouvoir, disposant de la force et de l'autorité ; c'est elle surtout qui est impérieuse et implacable dans sa propagande. Elle ne veut reconnaître des innocents que là où elle rencontre des complices.

Lorsque Morus et Fisher périrent sur l'échafaud, il y eut en Angleterre une sorte de stupeur : mais on ne se plaignit qu'à voix basse. Sur le continent, au contraire, l'explosion de l'indignation publique fut aussi bruyante qu'unanime. Elle trouva des organes non-seulement chez les savants catholiques, mais chez les lettrés de toute nuance d'opinion : et elle eut pour écho la chrétienté tout entière.

GHAPITRl:: XXIV

Prétendue conspiration de Catherine. — Visite à Bugden de deux prélats ou commissaires de Henri. — Exigence de la prestation de serment. — Résistance de Catherine et de ses serviteurs. — Arrestation de ses deux chapelains. — Lettre touchante qu'elle adresse au roi. — Elle n'obtient qu'une partie de ce qu'elle demande. — Elle refuse la résidence de Fotheringay et accepte detre transférée àKimbolton. — Sa détresse et ses larmes. — Générosité d'un laboureur. — Lettre de Catherine au père Forrest. — Réponse du père Forrest. — Scène faite à Catherine par des commissaires de Henri VIII.

Un écrivain moderne, qui passe poui- un grand coloriste, mais qui est partial et passionné. Fronde, a osé accuser Catherine d'avoir ourdi, avec quelques moines, une dangereuse conspiration contre Henri VIII. « L'in- (( nocente martyre de Bugden, dit-il ironiquement, a servi « ainsi de précurseur à la prisonnière de Fotheringay. »

La mémoire de cette auguste prisonnière, Marie Stuart, a été vengée par MM. W'iesener, de Ghantelauze, Gautier, etc. Il serait plus aisé encore de justifier Gatherine, s'il en était besoin. Fronde veut bien cependant, avec une condescendance hypocrite, excuser les prétendus complots de Gatherine et de sa fille Marie. « Sans doute, dit-il, elles confondaient leurs querelles « privées avec celles môme de l'Eglise dont elles « croyaient défendre les intérêts K »

1. llùturij of England, tome 11, p. 172-173. Fronde reconnaît cependant un peu plus loin qu'il y avait plutôt à Bugden un appel au fa-

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