S08 SCÈNE VIOLENTE FAITE A CATHERINE
« plus que trois jours à vivre à ce que l'on dit i. »> Sur ce dernier point il se trompait : le martyre ne devait pas lui être accordé si vite, et la mort sembla ne se faire attendre que pour prolonger ses souffrances. Du reste, on finit par ne lui épargner aucune des horreurs du supplice : il fut brûlé vif.
Le roi qui eut vent des rapports secrets établis entre Catherine et quelques-uns de ses anciens serviteurs, devint furieux et envoya des commissaires à Kimbolton pour saisir les correspondances ou même les personnes qui pourraient y être cachées; ces agents remplirent leur mission avec tant de violence et de brutalité que cette scène dut abréger les jours de la reine ^.
C'est ainsi que les serviteurs des princes, croyant se rendre agréables à leur maître, dépassent souvent les ordres qu'ils ont reçus : les rois absolus devraient savoir qu'ils sont ordinairement trop bien servis par leurs subalternes : ce serait à eux de modérer et non de stimuler un zèle qui, en leur imposant de terribles l^esponsabilités, peut les perdre à jamais devant le tribunal de l'histoire.
1. Nous trouvons ces deux lettres dans Sanders : elles avaient été sans doute conservées par les jésuites d'Angleterre, qui les lui firent connaître.
2. Cela résulte d'une lettre écrite au Père Forrest par l'une des femmes d'honneur de Catherine, Elisabeth lady Hammond, que Polino, dans sa chronique italienne, appelle Lisabetha ^wmoma. Voir Polino, p. 126-129, et Miss Strikland, loco citato, tome II, p. 551, 552.