HENRI NE VEUT QU'UNE ALLIANCE DÉFENSIVE
et promit « de ratifier cet engagement, en toute sin- « cérité et sans arrière-pensée ».
Dans tous ces petits détails on reconnaît la vraie physionomie de ce roi cupide, obséquieux et sans dignité.
Pour achever de gagner les ambassadeurs espagnols, il voulut qu'ils fussent présentés à sa famille. En conséquence, Sépulvéda et Puebla allèrent rendre visite à la reine et au prince de Galles, qui habitaient la campagne. Ce petit prince venait d'atteindre IVige respectable de vingt mois. On l'habilla pour le montrer aux ambassadeurs, puis on le déshabilla, et on le remit dans son berceau. C'était probablement un assez bel enfant; mais les éloges que lui prodigua Puebla dépassèrent toute mesure. Tout ce que la flatterie pouvait inventer sans blesser la vraisemblance, l'habile courtisan l'appliqua au prince de Galles, Henri qui acceptait naïvement ces flatteries, et qui prêtait à son fils toutes les qualités possibles, demanda que son portrait fût emporté en Espagne par Sépulvéda, afin que Ferdinand et Isabelle pussent avoir quelque idée des perfections de leur gendre futur.
Il sembla sur le point d'atteindre son but. Le projet de traité d'alliance et de mariage , qui fut signé le 7 juillet 1488 par ses commissaires et par les o.mbassadeurs espagnols, ne contenait rien qui pût compromettre ses intérêts. L'assistance mutuelle que se donnaient les deux monarques alliés , était restreinte aux cas oii leurs pays respectifs seraient envahis par les Français. C'était un traité purement défensif.
Mais ce traité, pour devenir définitif, avait besoin d'ôtre ratifié par le roi et la reine d'Espagne : Ferdinand, quand Sépulvéda fut revenu auprès de lui, lui reprocha