ELLES SONT LEVÉES PAR LE ROI
ses habits de cavalier et faire sa toilette. Une demiheure après arriva Arthur qui s'était bientôt lassé de passer une plus longue soirée en novembre au milieu des champs. Au bout de peu de temps, le roi demanda à être introduit de nouveau auprès de l'infante et à lui présenter son fils. Cette fois les évoques étaient présents, et, à l'aide du latin, malgré la différence des accents, ils servirent d'interprètes à Henri VII, et on finit par s'entendre. Le roi demanda aux deux fiancés de renouveler de vive voix leur promesse de mariage, ce qu'ils firent sur-le-champ .
Désormais les deux cortèges voyagèrent de compagnie. Quand Catherine était fatiguée ou qu-e le temps était par trop mauvais, on la faisait monter en litière ^ Du reste, les mules espagnoles que montaient les prélats et les dames de sa suite n'avaient pas de moins vives allures que les chevaux des princes du sang et des lords d'Angleterre.
Après plusieurs stations, on arriva à Richemond et à Bayard'Castle. Dans la première de ces résidences, Catherine trouva sa future belle-mère, la reine Elisabeth, qui la reçut avec une grande tendresse; dans la seconde, il y avait des lacs, des cascades, de vieux chênes centenaires et une série continuelle de sites enchanteurs ; mais Elisabeth d'York ne devait pas faire oublier Isabelle de Castille à la jeune infante espagnole, et, d'un autre côté, la brumeuse et humide résidence des bords de la Tamise pouvait-elle être mise en pa-
1- Une litière placée entre deux mules ou deux chevaux qui la portaient en avançant de front, comme nous en avons encore vu en Sicile, il y a quelques années.