MARIAGE DE CATHERINE A LONDRES
rallèle avec les merveilles éclatantes de l'Alhambra? Peu de jours après, Catherine vint à Londres avec un grand cortège de lords et de ladies ; elle avait à sa droite le duc d'York, à sa gauche le légat de Rome. On remarqua que ses beaux cheveux châtain-clair, s'échappant de dessous un chapeau à larges bords, retombaient en flots abondants sur ses épaules.
Les habitants de la Cité avaient fait de grands préparatifs pour recevoir l'infante le jour môme de sa patronne sainte Catherine. A la porte Saint-Paul, il y avait un très bel arc de triomphe, à travers lequel la jeune princesse fut conduite au lieu de sa destination, c'est-à-dire au palais de l'évêque, tout près du temple où devait être célébré le mariage. L'intérieur de l'édifice sacré était disposé et décoré avec beaucoup d'art et de magnificence, et, le 14 novembre loOl, le jeune duc d'York (depuis Henri YIII, son futur second mari) conduisit la jeune princesse du palais de l'évêque à la cathédrale de Saint-Paul. La singularité des modes espagnoles frappa beaucoup les Anglais : on remarqua que la mariée portait une coiffe de soie blanche surmontée d'une écharpe avec une frange d'or, enrichie de perles et de pierres précieuses ; cette écharpe retombait comme un voile qui cachait une portion de sa figure et de sa personne : c'était la mantille espagnole, imitée, dit-on, des longs voiles des femmes moresques : seulement la mantille encadrait le visage sans le cacher entièrement.
Ce fut Tarchevêque de Cantorbéry qui fit la cérémonie nuptiale, assisté de dix-neuf évoques ou abbés mitres.
Des fêtes de toute espèce suivirent la célébration du