PRÉFACE IX
inouïs se tramèrent contre une malheureuse princesse qui semble un moment tout à fait abandonnée, et que l'on voulait faire passer à Rome pour s'abandonner elle-même. Sa fière et noble attitude, dans le cours et surtout à la fin de ce procès, était déjà attestée par l'histoire ; mieux connue encore, elle excitera l'admiration pour sa personne. D'un autre côté, nous montrerons comment Charles-Quint sut soutenir avec constance d£^ns cette affaire, sans préoccupation exclusive de la politique, l'honneur de sa nation, de son sang et de sa race. Enfin on verra que le Souverain Pontife eut à résister à la pression odieuse des agents de Henri VIII, et Orvietto, à quelques égards, pourra rappeler Anagni. Clément VII , avec moins de fermeté peut-être que Boniface VIII, mais avec moins de raideur, sauva, à son tour, l'honneur de la papauté. A la fin, entouré des membres de son consistoire que Ton tenta vainement de corrompre, il prononça, en faveur de l'indissolubilité du lien conjugal, un de ces arrêts qui retentissent fortement dans l'histoire.
A sa condamnation par l'Eglise, Henri Vlïl répondit par la séparation de son royaume d'avec l'Eglise ; ce fut là la triste origine du schisme qui dure encore.