‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 70 sur 400 · CATHERINE LAISSÉE DANS LE DÉNUMENT PAR HENRI · texte numérisé non relu

CATHERINE LAISSÉE DANS LE DÉNUMENT PAR HENRI

défavorable à Henri VII. Peut-être aussi ce prince lui en voulait-il du mauvais succès de ses négociations matrimoniales. Il ordonna, d'abord, que la petite cour de Catherine fût dissoute. Puis elle n'avait plus de Maison à elle, et elle vivait chez son beau-père. Sous le prétexte qu'elle était défrayée de tout, on la laissait habituellement dans le dénûment le plus complet. Souvent elle n'avait pas la possibilité de payer les pensions de ses dames d'honneur, ni même de subvenir à ses dépenses personnelles de toilette et de vêtement.

Une lettre qu'elle écrit à son père, le roi Ferdinand, au mois de septembre ISOo, révèle les extrémités pécuniaires où elle était réduite.

Dans cette lettre, elle parle d'un mariage dont il est question pour l'une de ses dames d'honneur, D. Maria de Salazar ï, qui était d'une des plus illustres familles de l'Espagne.

(( Vous savez, dit-elle, comment D. Maria me fut donnée par ma mère, aujourd'hui entrée dans la gloire des cieux ; après avoir bien servi sa première patronne, la reine Isabelle, elle m'a montré à moi-même le dévouement d'une amie et d'une sœun. Je vous prie donc, sire, au nom de la double reconnaissance qui nous lie à elle de vouloir bien ordonner de lui payer les arrérages qui lui sont dus ; car, pour moi, je n'ai pas pu et je ne

1. Les écrivains anglais contemporains, qui estropient volontiers lés noms espagnols, ont appelé cette dame Marie de Saluées ou de Saluzzi ou Marie de Salinas. Or elle était la fille deD. Salazar, capitaine de la garde de Ferdinand, et, par sa mère, elle se trouvait la parente ou l'alliée de Catherine d'Aragon. Ferdinand, qui était souvent obéré lui-même, devait aussi des arrérages de traitement au capitaine Salazar et Catherine le pressait également de les payer.

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